photo Franck Loriou

photo Franck Loriou

La Cavale est la suite de L’Hiver et la joie. Dans ce deuxième album, Robi, en concert vendredi 27 novembre au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen, poursuit et réussit le mélange des genres musicaux. Elle soulève une nouvelle fois des questionnements intimes, évoque les chaos intérieurs et se montre toujours hantée par le temps qui défile à toute allure.

 

Le temps est un thème récurrent dans vos chansons. Pourquoi ?

Je ne cesse de me poser cette question. J’ai un rapport au temps qui est très compliqué. Pendant longtemps, j’ai considéré le présent comme une succession d’instants qui se heurtaient, qui me donnaient une impression d’incapacité à la retenir. Il y a ainsi une sensation d’urgence qui n’était pas justifiée.

 

Parvenez-vous maintenant à profiter du présent ?

C’est quelque chose que j’apprends et cela commence à porter ses fruits. Même si cela reste compliqué. J’arrive à profiter de l’instant, des bons moments. Je me suis mise à la méditation. Cela me permet d’être plus sereine.

 

Est-ce que vous regardez quelquefois vers le passé ?

Non. Je me faisais cette réflexion d’ailleurs il n’y a pas longtemps. Je me demandais ce qu’était la nostalgie. Souvent ce sont des pensées tristes à des moments heureux. En fait, je me suis rendue compte que la nostalgie est le regret de ce qui n’est pas arrivé. Je ne pense pas au passé. Je suis davantage frustrée par ce qui ne se passe pas.

 

Arrivez-vous à vous projeter dans l’avenir ?

C’est possible lorsque c’est factuel, lorsque je suis dans le réel. En revanche, je suis incapable de me projeter dans 5 ans, 10 ans.

 

 

 

Est-ce que votre écriture s’inscrit dans le présent ou dans le futur ?

Dans le présent, du fait de la difficulté de me poser. L’écriture naît dans le mouvement. J’ai écrit le premier album en marchant. J’ai besoin d’être dans le rythme. Les mélodies et les textes venaient ainsi dans un même mouvement. Comme mon rapport au temps tend à changer, je travaille davantage assis.

 

Est-ce que chanter, c’est le présent ?

Quand on chante, on est dans le présent, dans le vivant. Quand on chante dans un studio ou sur scène, ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas la même énergie. Sur scène, on se retrouve dans l’instant que l’on veut habiter, dans un abandon de soi.

 

Est-ce que danser permet d’échapper au temps ?

Cela passe par le corps. Mais l’abandon peut passer par une grande tranquillité, une immobilité. Quand on danse, on est dans la réception, on est traversé par ses propres émotions.

 

Comment trouvez-vous un équilibre ?

Nous sommes tous dans un équilibre et un déséquilibre. Ce qui m’intéresse profondément, c’est de travailler avec les contradictions, de les faire coexister. C’est notre grande recherche à tous. Je n’essaie pas de choisir l’un ou l’autre parce qu’ils peuvent vivre ensemble. C’est ce qui fait la richesse de nos vies, de nos personnalités.

 

  • Vendredi 27 novembre à 20h30 au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Tarifs : de 16 à 8 €. Réservation au 02 35 73 95 15 ou sur www.trianontransatlantique.com
  • Première partie : Tallisker