Elle a une belle gouaille, un humour détonant et le sens de la mise en scène. Karimouche a su créer un univers foisonnant. Elle chante vendredi 23 janvier au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen.

 

photo Stéphany Dray

photo Stéphany Dray

Il y a chez Karimouche quelque chose d’Audiard, de Fréhel. Elle a toujours fait de l’humour son « arme fatale. Toute petite, j’étais le clown de la famille. Je me déguisais, je présentais des sketches pour mes cousines et pour ma grand-mère. Mama était très drôle. Elle avait une belle joie de vivre, une grande ouverture d’esprit. Elle était musulmane et rock’n’roll. J’étais le bouffon de la reine. Sur scène, je porte son foulard ».

 

L’humour donc « pour désamorcer les problèmes. S’il n’y a plus d’humour, c’est la fin. Il faut quand même se battre avec cette arme malgré le danger ». Les chansons de Karimouche sont empreintes d’autodérision, d’un délicieux décalage pour accentuer toute l’absurdité d’un monde.

 

 

Dans Action, premier single du deuxième album éponyme, Karimouche se moque de toutes ces caméras qui nous envahissent. « On est filmé partout. Il y a des caméras dans la rue et aussi chez nous. Avec la télé réalité, on nous apprend à faire à manger, à élever les enfants, à retaper notre maison, à maroufler… C’est un truc de fou ».

 

Avant la sortie d’Action, prévu en mars prochain, Karimouche s’approprie sur scène ses chansons. « Souvent, on sort un album et on tourne. Moi, j’aime faire l’inverse et j’ai besoin de ça ». Elle raconte ses histoires à la poésie universelle, fait son show comme une comédienne, se promène sur des rythmes hip-hop, rhythm’n’blues, reggae, funk.

 

Pourtant, écrire un deuxième album n’a pas été une évidence pour Karimouche. « Il a fallu me motiver. Je suis une autodidacte. Je chante depuis longtemps mais pour ma famille, mes amis. J’étais dans une chorale. J’ai même donné mon premier concert dans une église. J’avais un problème de légitimité. On m’a convaincu et je me suis laissée porter par mes émotions ».

 

  • Vendredi 23 janvier à 20h30 au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Tarifs : de 16 à 8 €. Réservation au 02 35 73 95 15 ou sur www.trianontransatlantique.com