Les couleurs québécoises flottent toujours au-dessus du Café de la marine, ouvert au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Mélissa Laveaux y fait un détour vendredi 6 avril pour présenter un projet singulier inspiré du patrimoine musical haïtien. Gagnez vos places en écrivant à relikto.contact@gmail.com

Mélissa Laveaux n’était pas allée en Haïti depuis vingt ans. Quand elle décide d’y revenir, elle est « angoissée. Pendant tout ce temps, j’avais construit un imaginaire. Je savais que beaucoup de choses avaient changé mais j’avais peut d’être troublée, triste ». La chanteuse canadienne avait 12 ans lorsqu’elle a passé des vacances sur l’île. Une île qui lui est chère puisqu’elle y est liée par son histoire personnelle. Ses parents y sont nés avant de s’installer plus tard au Québec. Des membres de sa famille y habitent encore. Il y a aussi les expressions entendues entre sa mère et ses tantes lors des échanges téléphoniques. Il y a surtout les chansons de Martha Jean-Claude, une artiste exilée à Cuba dans les années 1950 et un symbole de la résistance aux dictatures en place. « J’ai grandi avec ses disques engagés et sa voix chaleureuse ».

 

Qu’est-elle alors allée chercher à Haïti ? Mélissa Laveaux a retrouvé bien sûr une partie de sa famille. Elle a rencontré des musiciens et des poètes, collecter des livres, des chansons, des comptines, des chants folkloriques, des textes populaires. « Cela n’a pas été facile. Les gens ne voulaient pas confier tout ce patrimoine. Ils étaient plutôt en retrait. J’ai alors attendu qu’ils viennent vers moi ». Et ils sont venus vers elle pour partager cette mémoire qui traverse l’histoire de Haïti, marquée par des chapitres très sombres. Elle a trouvé ce qu’elle espérait : « les écrits les plus importants pour les Haïtiens. Au début, je ne les comprenais pas tous. Je me suis documentée. Mais il a fallu du temps pour que je digère ce voyage. D’autant que ma grand-mère est décédée quelques jours après mon retour au Québec ».

Pour Mélissa Laveaux, ce voyage a été une plongée dans un passé, souvent douloureux, une manière de renouer avec des racines. Elle en a écrit une narration pour ce troisième album de reprises de titres haïtiens, Radyo Siwèl. « J’ai eu envie d’une histoire imaginée. Pour cela, je suis revenue sur une chronologie qui explique de façon précise certains épisodes ». Elle part d’un mauvais présage et s’interroge sur les conséquences des éloignements des traditions et des ancêtres pour relater l’occupation américaine entre 1915 et 1934. Avec Radyo Siwèl, Mélissa Laveaux démontre comment la musique a été un instrument de résistance pour la population haïtienne.

 

 

  • Vendredi 6 avril à 20h30 au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Tarifs : de 16 à 8 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 73 95 15 ou sur www.trianontransatlantique.com
  • Première partie : Philo & Les Voix du tambour