photo1_Vengeance_et_Terre_BattueSept nouveaux courts métrages sont présentés mercredi 20 mai à l’Ariel à Mont-Saint-Aignan lors du festival de court métrage Le Courtivore. Dans cette deuxième sélection, il y a Vengeance et terre battue de Mathieu Sapin. L’auteur et scénariste de bande dessinée qui fait l’actualité avec la sortie de son album Le Château signe un premier film plein d’humour et de fantaisie. Dans Vengeance et terre battue avec notamment Charlotte Le Bon et Gustave Kervern, il raconte l’histoire de Rita Cerveau, une femme jeune, très belle et intelligente qui parvient à résoudre toute énigme en un éclair. Cette fois-ci, elle doit élucider le meurtre d’une star du tennis mondial. Entretien avec Mathieu Sapin.

 

Rita Cerveau de Vengeance et terre battue est inspirée d’un personnage d’une de vos bandes dessinées.

Ce personnage a une histoire particulière. A l’origine, c’est un homme que l’on retrouve dans Supermurgeman. Il s’appelle Henri Cerveau. Après avoir écrit le scénario de Vengeance et terre battue, j’ai eu quelques difficultés à trouver un comédien pour jouer le rôle. En même temps, Charlotte Le Bon a accepté d’interpréter le rôle de son assistante. Lors d’une discussion, elle m’a dit qu’elle aimait beaucoup le personnage principal et qu’elle adorerait le jouer. Cela a fait tilt dans ma tête. Le soir, j’ai réécrit tout le scénario en changeant la polarité sexuelle des personnages. Les femmes sont devenues des hommes et les hommes, des femmes.

 

Des contraintes vous ont amené vers un scénario que vous n’aviez pas imaginé.

Complètement et tant mieux parce que l’histoire était trop conventionnelle. Henri Cerveau est un homme beau, baraqué, intelligent, donc un personnage caricatural. Avec Charlotte qui est célébrée pour sa plastique, il est possible de mettre en avant le côté brillant du personnage.

 

Dans le film, vous utilisez les codes de la bande dessinée.

Ma bande dessinée a toujours été un peu barrée et loufoque. Vengeance et terre battue est un mélange d’histoire enfantine et perverse, coquine. C’est une manière de sublimer la bande dessinée et d’en détourner les codes. Je suis conscient que c’est un premier film et que tout est perfectible. C’est une histoire qui ressemble à celle que j’écris en bande dessinée.

 

 

Ce n’est pas véritablement votre première expérience dans le cinéma. Vous avez suivi le tournage de Gainsbourg, Une Vie héroïque de Joann Sfar et publié Feuille de chou.

Je suis arrivé dans le cinéma par accident. J’avais eu auparavant quelques appels du pied. J’ai effectivement suivi le tournage de Joann Sfar. Cela devait être juste un compte rendu graphique. Comme ce travail m’a passionné, j’ai réalisé un énorme bouqui. Cela a été comme un stage de luxe pour moi. J’ai vu tous les postes, j’ai suivi toutes les étapes. Comme Joann est un ami, j’ai pu avoir un accès à tout. J’ai aussi joué mon propre rôle de dessinateur dans un documentaire, Retour au Caucase. Ce fut une virée d’une dizaine de jours avec Gérard Depardieu qui a reproduit le périple d’Alexandre Dumas. Dumas était accompagné d’un peintre, Depardieu, d’un dessinateur. Lors de ce tournage, j’ai appris à me positionner et à réagir par rapport à la caméra.

 

Tourner un court métrage est en fait une suite logique.

Oui, une suite logique. D’autant que j’ai été sollicité plusieurs fois pour adapter mes bandes dessinées. Je voyais aussi mes copains faire du cinéma. Pourquoi ne pas essayer ?

 

Etre scénariste et réalisateur vous a plu ?

Oui, complètement. C’est fantastique. J’ai tout d’abord storyboardé chaque plan. Tout était dessiné. Puis, sur le tournage, c’était incroyable de voir les personnages en vrai.

 

Vous avez aussi un beau casting.

J’ai eu beaucoup de chance. Je dois beaucoup à Charlotte qui aime d’ailleurs la bande dessinée. Quand on est dans la Bd, on a quelques atouts. Pour faire ma demande à Gustave Kervern, je lui ai envoyé une lettre dessinée…

 

Pensez-vous à réaliser un autre film ?

Je suis en phase d’écriture de Vengeance et terre battue en version longue avec le scénariste Guillaume Mautalent. C’est bien d’écrire à deux.