Inspirés du film de Mizoguchi, Les Contes de la lune vague après la pluie deviennent un opéra de chambre. Le spectacle est créé vendredi 20 et samedi 21 mars à l’Opéra de Rouen Haute-Normandie avant des représentations à Genève et à Paris.

 

photo Frédéric Carnuccini

photo Frédéric Carnuccini

L’ambiance de l’opéra n’est pas celle du film. Pour écrire sa mise en scène, Vincent Huguet a plusieurs fois regardé le film de Kenji Mizoguchi. Il s’en est beaucoup détaché pour monter des Contes de la lune vague après la pluie, alors une histoire du Japon du XVIe siècle, une fable universelle.

 

Les Contes de la lune vague après la pluie est un récit initiatique. Deux hommes obstinés, l’un par la richesse, l’autre par gloire, n’hésitent pas à quitter leur famille en plein conflit pour assouvir leur soif. « Les affaires sont bonnes grâce à la guerre », assure Genjuro, potier. Quant à Tobe, il rêve de devenir samouraï. Rêve éphémère pour ces deux hommes qui vont payer cher leur entêtement. Le premier perdra sa femme, tuée par des soldats, et son âme après avoir suivie une princesse ensorceleuse. Le deuxième ne donnera pas d’autres alternatives à son épouse que se prostituer.

 

Durant cet opéra de chambre, composé par Xavier Dayer, les deux couples évoluent ensemble. Les deux épouses affrontent les hommes qui les nient et sont aveuglés par leurs illusions. Toutes les deux, conscientes de la future tragédie, vont se sacrifier et vivre de terribles cauchemars. Mais il aura fallu ces drames pour Genjuro et Tobe comprennent leurs erreurs, choisissent une vie et renoncent à une autre plus futile.

 

Les deux couples évoluent comme dans un décor de papier, semblable à ceux d’anciens dessins animés. Les formes sont simples, épurées et se transforment dans les lueurs d’une lune sans éclat, dans des ambiances plus sombres et vaporeuses.

 

Le livret d’Alain Perroux suit la trame narrative du film de Mizoguchi. Quant à la musique de Xavier Dayer, elle est la voix intérieure des personnages, ténue pour les hommes, mélancolique pour les femmes et plus langoureuse lors de la rencontre entre la princesse et Genjuro. Elle se termine sur une couleur tragique.

 

  • Vendredi 20 et samedi 21 mars à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 32 à 10 €. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr
  • Dimanche 29 mars à 17 heures au Victoria Hall à Genève.
  • Lundi 18 et mardi 19 mai à 20 heures à l’Opéra comique à Paris.