photo Cécile Martini

photo Cécile Martini

Soirée danse à l’Opéra de Rouen Normandie : Josette Baïz revisite les pièces de sept chorégraphes contemporains talentueux avec les jeunes artistes du Groupe Grenade. Guests, à l’affiche samedi 19 mars, réunit 20 enfants, de 9 à 17 ans, qui interprètent, en solo, en formations diverses, des œuvres d’Alban Richard, Lucinda Childs, Wayne McGregor, Dominique Bagouet… Interview avec Josette Baïz. Gagnez vos places en écrivant à relikto.contact@gmail.com

 

Quelle est la genèse de ce spectacle Guests ?

Dans le Groupe Grenade, il y a la compagnie professionnelle et deux groupes de danseurs, les enfants et les adolescents. Rapidement, ces derniers ont pris une place importante dans la compagnie. Ils font beaucoup de créations. En 2003, Jean-Claude Gallotta a souhaité que les enfants participent à sa pièce Trois Générations. Nous nous sommes régalés. D’autant que cette création a beaucoup tourné. Par ailleurs, lorsque le Groupe Grenade a fêté ses 20 ans, j’ai trouvé qu’il était intéressant d’imaginer une soirée partagée avec des chorégraphes français. Cela a eu un certain retentissement. Ensuite, quoi faire de mieux ? J’ai pensé qu’il nous fallait des chorégraphes internationaux. Wayne McGregor a accepté. Les autres également. Nous avons alors commencé à travailler sur des extraits de ces belles pièces qui constituent un programme hallucinant. Nous vivons un rêve.

 

Avez-vous toujours pris plaisir à travailler avec les enfants ?

Oui, cela a toujours été. J’ai une certaine facilité à comprendre l’univers des enfants. Très certainement parce que j’ai gardé une part d’enfance. Les enfants sont intelligents, créateurs, artistes. Ils ont une fraicheur, une fougue, une innocence. Ils sont là pour incarner quelque chose. A un moment donné, cela leur appartient. Avec eux, il n’y a pas de filtre. Ça passe ou ça coince.

 

 

 

Comment avez-vous travaillé avec les enfants ces pièces écrites a priori pour des danseurs adultes ?

Nous avons beaucoup parlé. Nous avons rencontré les assistants de ces chorégraphes et aussi les chorégraphes eux-mêmes. Nous nous sommes demandés pourquoi ont-ils écrit ces œuvres, qu’ont-ils voulu dire ? Ils ont très vite incarné Tricksters d’Alban Richard. C’est étrange parce que cette pièce n’est pas du tout de leur âge.

 

Dans Guests, il y a le plaisir de partager ensemble des œuvres. Y a-t-il de votre part une volonté de transmettre cette histoire de la danse contemporaine ?

Oui, Guests est un manifeste de la danse contemporaine. Il y a en effet la volonté de transmettre cette histoire à ces jeunes qui incarnent le renouveau de la danse actuelle.

 

Vous avez choisi un programme exigeant et pluriel. Pourquoi ?

C’est un panorama de l’histoire de la danse. C’est un programme assez violent, sauf Déserts d’amour de Dominique Bagouet. Avec Uprising de Hofesh Shechter, on est dans les émeutes. Tricksters d’Alban Richard, c’est de la transe. Je ne sais pas si c’est un hasard. Certainement que l’époque veut cela. Cependant, cette révolte nous convient parfaitement. Elle fait appel à différentes techniques. Avec Hofesh Shechter, on est près du sol. Dans Entity de Wayne McGregor, le corps est désarticulé. La pièce de Lucinda Childs, Concerto, est difficile parce qu’elle se danse sur demi-pointe. Tout est très difficile. Et le groupe a accepté de tout faire. Les enfants sont justement dans cette ouverture.

 

 

 

  • Samedi 19 mars à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : 21 €, 10 €. €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr
  • Spectacle tout public à partir de 8 ans