Wade in the water est un voyage intérieur. La nouvelle pièce de la compagnie 14:20, présentée les 6 et 7 avril à l’Opéra de Rouen Normandie dans le cadre de Spring, évoque le deuil et les différentes phases jusqu’à l’acceptation de la perte d’un proche.

 

Dans Wade in the water, il est question de lutte. Une lutte qui peut être individuelle ou collective après l’annonce d’un événement tragique. Pour écrire cette nouvelle pièce, créée en décembre 2016 au théâtre de Chaillot à Paris, Clément Debailleul et Raphaël Navarro se sont appuyés sur les travaux de Elisabeth Kübler-Ross (1926-2004), psychiatre suisse-américaine. Jusqu’à l’acceptation d’un deuil, chacun passe par différentes étapes : la colère, le déni, la dépression, le marchandage. Ce sont ces diverses phases qui structurent le spectacle des fondateurs du courant de la magie nouvelle et de la compagnie 14:20. « Nous avons créé plusieurs ambiances en fonction de l’évolution psychologique  du personnage« , explique Raphaël Navarro.

 

Wade in the water raconte l’histoire d’un homme, malade. Il est aux côtés de son épouse et son père qui l’accompagnent sur ce chemin délicat et sans issue. Raphaël Navarro et Clément Debailleul réunissent un trio composé par Aragorn Boulanger, Marco Bataille-Testu et Ingrid Estarque. « Avec un groupe de trois personnes, il est possible de traiter de l’intimité de ce personnage et de son rapport direct avec les membres de sa famille. Tous vont en fait se retrouver dans les mêmes états que lui« . L’homme emmène dans son naufrage intime ses proches. Tous vont ressentir de nombreuses émotions, des vertiges et aussi de l’espoir. Ils vont aussi osciller entre abandon et résistance.

 

La compagnie 14:20 va sublimer les sentiments, chercher tout ce qu’il y a de magique dans le geste, le mouvement, la danse, le cirque… Pour Wade in the water, les deux complices ont à nouveau inventé un système technique inédit. « Le rapport à la lumière est central. Nous avons mis au point un système de commande novateur. Le personnage principal pilote la lumière via des capteurs installés sur son corps. Ce procédé nous permet de raconter l’histoire d’un point de vue cinématographique« . Grâce à cette innovation, l’homme de Wade in the water se retrouve en lévitation, est téléporté, apparaît ou disparaît selon son état intérieur et psychologique. La musique d’Ibrahim Maalouf, inspiré d’un chant d’esclaves du nord de l’Amérique magnifie cette création magique et poétique de la compagnie 14:20.

 

  • Jeudi 6 et vendredi 7 avril à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 21 à 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr