Mickaël Phelippeau a axé ses recherches autour du bi-portrait. Pendant le festival Pharenheit, il présente trois créations au Passage à Fécamp, au théâtre des Bains-Douches et au Tetris au Havre.

 

photo Julie Panier

photo Julie Panier

Bi-Portrait Jean-Yves est la pièce fondatrice de la démarche actuelle de Mickaël Phelippeau. En 2007, l’ancien danseur de Mathilde Monnier, Alain Buffard ou Daniel Larrieu prend comme prétexte des rencontres pour écrire des pièces chorégraphiques avec des personnes connues ou pas, des amateurs d’art ou pas.

 

Jean-Yves est le curé de la paroisse de Bègles. « Cette rencontre a été étonnante. Nous étions tous les deux bourrés de stéréotypes ». Le chorégraphe a appris à connaître cet homme engagé. « Je suis allé plusieurs fois à la messe. Je trouvais qu’il ressemblait à un showman. Il avait une telle maîtrise des mots, du temps, de l’espace. Un jour, il a fait un parallèle entre la religion et l’actualité. Et l’actualité, c’était le décès d’un SDF à Bordeaux. Tout cela devenait à mes yeux très concret ».

 

Le prêtre s’est ouvert au monde de la danse jusqu’à accepter un duo avec Mickaël Phelippeau. « Lors de la première semaine de travail, je me demandais comment il allait réagir. Je lui ai proposé un échauffement et il est entré dans le mouvement très simplement. Nous avons surtout travaillé sur un aspect symbolique du mouvement ». Bi-Portrait Jean-Yves évoque les ressemblances et les différences entre les deux hommes qui se parlent, se racontent et dansent.

 

Danse traditionnelle

La démarche est semblable et la rencontre, toute aussi étonnante. Lors d’une résidence dans le nord du Finistère, Mickaël Phelippeau croise Yves Calvez, chorégraphe, animateur de l’association Avel Dro Guissény qui effectue un travail sur la danse traditionnelle, la round.

 

La danse traditionnelle, Mickaël Phelippeau ne s’y est jamais intéressé. « En fait, j’ai pris le contrepied total. Les danseurs ont un seul contact : le petit doigt. J’ai imaginé une danse avec un maximum de contact entre nos deux corps ». En revanche, pour ce Bi-Portrait Yves C., les interprètes gardent les sabots de bois et les costumes traditionnels, « ce qui nous a permis de travailler sur le côté percussif de la danse ».

 

 

En déconstruction

Le portrait de Mickaël Phelippeau sera complet avec Set-up, une pièce construite comme un ballet. Le chorégraphe joue avec la symbolique du démontage de spectacle pour questionner la déconstruction. L’objectif : rendre nu un plateau avec la complicité de quatre membres du groupe Melody For Aliens. Mickaël Phelippeau bouscule les codes de la danse, de la musique, s’amuse à mettre les interprètes dans des situations cocasses. « On déconstruit aussi nos interprétations avec des corps que l’on déconstruit. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien ». Que reste-t-il alors ? L’imagination, le rêve…

 

Les dates

  • Samedi 31 janvier à 20h30 au Passage à Fécamp : Bi-Portrait Yves C. Tarifs : 16 €, 13 €. Réservation au 02 35 29 22 81 ou sur www.theatrelepassage.fr
  • Mardi 3 février à 20 heures au théâtre des Bains-Douches au Havre : Bi-Portrait Yves-Yves. Tarifs : 12 €, 8 €. Réservation au 02 35 47 63 09.
  • Vendredi 6 février à 21 heures au Tetris au Havre : Set-up. Tarif : 15 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur www.letetris.fr