photo Marc Domage

photo Marc Domage

C’est une histoire vraie… Il y a dix ans, Christian Rizzo assistait à un spectacle à Istanbul. Avant la fin, il reste ému par une courte danse folklorique interprétée par des hommes. Celle-ci restera en mémoire et rejaillira plus tard pour amorcer l’écriture de D’Après Une Histoire vraie. Sur un plateau, le nouveau directeur du centre chorégraphique national de Montpellier réunit huit danseurs et deux musiciens. Christian Rizzo a imaginé une danse, entre tradition et modernité, qui puise son intensité dans le folklore du bassin méditerranéen. Si D’Après Une Histoire vraie commence doucement, lentement, le spectacle devient de plus en plus viril, tribal et va jusqu’à la transe. C’est apaisant et jubilatoire. D’Après Une Histoire vraie est présenté au Hangar 23 à Rouen avec le CDN de Haute-Normandie, au Volcan au Havre, puis au Cadran à Evreux. Interview avec Christian Rizzo.

 

Le point de départ du spectacle D’Après Une Histoire vraie est le souvenir d’un extrait d’un spectacle. Etes-vous parti à la recherche de ce souvenir ou de l’émotion vécue ?

Le souvenir a refait surface. Très vite, le point de départ du spectacle est devenu ce souvenir, ce voyage immobile. Retrouver un souvenir, c’est retrouver la sensation de ce que l’on a vu. Une sensation qui s’est transformée au fil du temps. On ressent aussi un vide que ce souvenir a créé. Tout a été inventé. Je suis donc parti de ce souvenir, de cet instant vécu à un moment, à un endroit. Ce spectacle est lié à un pays, à une histoire

 

Est-ce que travailler à partir d’un souvenir remet en question une écriture ?

Non, la remise en jeu de l’écriture est là à chaque projet. Il y a des remises en question, des doutes. Ce qui permet de d’affirmer ou d’infirmer des propos. Il y a surtout des remises à niveau : pourquoi j’écris ? Comment j’écris ?

 

Comment comprendre Histoire vraie ? Est-ce votre souvenir ou le spectacle interprété sur le plateau ?

C’est vraiment d’après une histoire vraie. Aujourd’hui, cette pièce existe. Elle est beaucoup jouée et bien accueillie. Cette histoire vraie est un jeu de mots. Jusqu’à présent, mon travail revêt plutôt une forme abstraite.

 

 

Pourquoi un groupe d’hommes ?

C’était nécessaire. Je voulais évoquer les rapports entre les hommes quand on évacue les stéréotypes. Ils ont la capacité à être joyeux, tendres, cordiaux… C’était l’enjeu de la pièce et j’y ai porté une grande attention.

 

Comment avez-vous travaillé cette notion de groupe ?

Les hommes ne sont pas représentés comme des warriors. Ils affirment leur virilité et aussi leur attention à l’autre, leur faculté d’approcher l’autre… Je me suis demandé comment un groupe passait à la notion de groupe, de communauté. Cela prend du temps.

 

Vous ne gommez pas les personnalités.

Surtout pas. La question du groupe, c’est le nombre. Il est un rassemblement d’individualités.

 

En vous inspirant d’une danse folklorique aviez-vous la volonté de la transmettre ?

J’ai souhaité questionner le folklore dans l’écriture actuelle, questionner la modernité aujourd’hui. Quand on observe les danses, on peut voir qu’il y a des mouvements des récurrents. On se prend la main. On tape du pied… Plein de choses réapparaissent. C’est assez drôle. Il y a une danse que l’on se transmet.

 

Les dates

  • Jeudi 15 et vendredi 16 janvier à 20 heures au Hangar 23 à Rouen. Tarifs : de 21 à 10 €. Réservation au 02 32 76 23 23.
  • Rencontre avec l’équipe artistique vendredi 16 janvier à 19 heures au bar du Hangar 23 ou sur www.cdn-hautenormandie.fr
  • Mardi 27 janvier à 20h30 au Volcan Niemeyer au Havre. Tarifs : 17 €, 5 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com
  • Mardi 14 avril à 20h30 au Cadran à Evreux. Tarifs : de 20 à 5 €. Réservation à la scène nationale d’Evreux/Louviers au 02 32 78 85 25 ou sur www.scene-nationale-evreux.fr