C’est une pièce singulière dans le répertoire de Rachid Ouramdane. Le chorégraphe et codirecteur du centre chorégraphique national de Grenoble a écrit une danse virtuose et crée des ambiances intimes pour deux interprètes fidèles, Annie Hanauer et Lora Juodkaite. Tordre est à voir vendredi 9 février au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray.

Tordre est une histoire de corps. Il y a tout d’abord celui de Lora Juodkaite. Depuis son enfance, la danseuse lituanienne tourne sur elle-même jusqu’au vertige quand elle ressent un besoin de réconfort. Annie Hanauer est une artiste britannique avec une prothèse qui prolonge son bras. Toutes les deux, interprètes pour le chorégraphe Rachid Ouramdane, ont ainsi cultivé une manière très personnelle de bouger sur scène.

Le codirecteur du centre chorégraphique national de Grenoble n’est plus vraiment dans le témoignage ou dans le débat de problématiques contemporaines qui caractérisent sa danse. Il dessine avec beaucoup de sensibilité le portrait de Lora Juodkaite et Annie Hanauer « sans réduire ces deux personnes à leur particularité. C’est bien plus que cela. J’ai souhaité évoquer ce que j’ai retenu de ces artistes, ce qu’elles expriment dans leur danse. Avec elles, on est ailleurs. La danse est particulière. Leur présence est particulière. Mais je mets de côté leur particularité », confie Rachid Ouramdane.

Interprété vendredi 9 février au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray, Tordre est davantage un double portrait. Lora Juodkaite a « la capacité à tordre l’espace. Elle nous permet d’entrer dans une sphère très intime, dans sa bulle. C’est très méditatif ». Avec Annie Hanauer, « c’est tout le contraire. Elle peut donner une couleur à ce qui l’entoure et créer des moments légers ». Les deux danseuses évoluent très peu ensemble sur scène. Rachid Ouramdane a préféré imaginer « une chorégraphie de tension ». Jusqu’à rechercher l’équilibre ? « La pièce commence dans un climat tendu qui tend à s’apaiser. On accompagne ces deux interprètes dans un parcours formidable : au lieu de subir ce dont elles ont hérité, elles ont réagi, tordu cet héritage », et balayé tout préjugé. Rachid Ouramdane en fait un geste artistique, une matière chorégraphique d’une portée universelle.

 

 

  • Vendredi 9 février à 20h30 au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray. Tarifs : de 15 à 8 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 91 94 94.