Depuis plus de dix ans, Luc Petton crée des spectacles qui réunissent danseurs et oiseaux. Dans Ainsi La Nuit, une pièce présentée samedi 13 janvier au Volcan au Havre, le chorégraphe fait danser deux interprètes et des chouettes, des vautours et un loup.

Il est danseur, chorégraphe, un passionné de la nature et un ornithologue amateur. Luc Petton élève des oiseaux pour son plaisir mais surtout pour les faire danser. Une manière d’évoquer le vivant, de franchir les portes de l’inconnu, d’imaginer des relations paradoxalement imprévisibles entre des interprètes et des animaux. « Il est nécessaire de reprendre conscience de la fugacité des instants présents chargés d’émotion qui nous habitent complètement. Ce sont les sensations de la vie. On le sait, chacun a un ressenti très personnel. La danse parle de cet indicible. Les animaux nous permettent de revenir à cette source parce qu’ils convoquent des énergies et des émotions immémoriales ».

Dans sa nouvelle création, Ainsi La Nuit, le chorégraphe de la compagnie Le Guetteur aborde «  ce moment particulier de l’incertitude qui engendre un manque de visibilité externe et aussi un manque de visibilité interne. Enfant, j’avais peur de me réveiller dans le noir parce que l’on perd tous ses repères. La nuit, c’est l’incertain, l’effroi. Dans cette pièce, j’interroge la poétique de l’effroi », indique Luc Petton.

Une grande mémoire

Quel oiseau pour symboliser la nuit ? La chouette bien sûr. Luc Petton travaille avec ces oiseaux nés au printemps 2017. « Il faut prendre du temps avec eux, entrer en communication avec eux dans un concept artistique ». Avec Marilén Iglesias-Breuker, il a réuni sur le plateau des chouettes pour symboliser la tombée du jour, des vautours rappelant des funérailles célestes, un loup qui apparaît au loin dans la nuit. A ces animaux, avec une forte empreinte imaginaire, il confronte deux danseurs. Le fil rouge, certes imperceptible, de la création : La Divine Comédie de Dante et ce passage de l’enfer vers la lumière.

Comme dans tous les spectacles de Luc Petton, c’est l’imprévisible qui fait sens. Le chorégraphe préfère les inattendus, ces moments de fragilité. « Je guette la moindre vibration pour faire évoluer la pièce ». Pas de répétition avec le chorégraphe. Même avec les animaux qui intègrent très vite les mouvements, la musique, des points de repère. « Les oiseaux ont une grande mémoire auditive et spatiale. Certains arrivent à devancer les scènes ». Luc Petton réinvente pour rester dans une perpétuelle mouvance.

 

 

  • Samedi 13 janvier à 17 heures au Volcan au Havre. Tarifs : 23 €, 9 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com
  • Spectacle tout public à partir de 8 ans