photo Stefan Lucassen

photo Stefan Lucassen

C’est le début de la saison du Kalif à Rouen. Un lancement jeudi 29 septembre avec un groupe Néerlandais qui connaît un joli succès dans son pays. De Staat, tout d’abord le projet solo de Torre Florim, chanteur charismatique, est devenu un quintet pop rock efficace, explosif et imprévisible. Sur scène, c’est un tourbillon. Interview avec Torre Florim.

 

De Staat a 10 ans. Que retenez-vous de toutes ces années ?

Presque dix ans ! Mes meilleurs souvenirs sont probablement les moments où j’ai réalisé que les gens connaissaient tout de nous et de notre musique. Il y a la première fois que des personnes ont acheté des tickets pour nous voir. C’était bizarre. Il y a aussi la première fois que nous avons franchi la frontière, que nous avons vu des Allemands, des Français, des Anglais et des Polonais porter des tee-shirts de De Staat ou chanter nos chansons. C’était super étrange et absolument excitant. Nous n’oublions pas non plus les gros festivals comme Glastonbury, Lowlands, Pinkpop, Pukkelpop et Sziget. C’était des gros shows.

 

Quel objectif vous êtes-vous fixé pendant ces années ?

Je pense que nous sommes devenus plus exigeants, en tant que musiciens et en tant que groupe. Au début De Staat était davantage un groupe de rock. Nous sommes plus pop aujourd’hui. Il y a moins de guitare dans notre musique. Mais cela ne signifie pas que nous sommes plus mous. Nous avions envie de nouveaux sons et de nous laisser inspirer par beaucoup de choses différentes. Notre but a toujours été de créer avec un peu de chance notre propre univers.

 

 

 

 

O, titre de votre nouvel album mais aussi symbole d’une boucle, évoque-t-il un retour au point de départ ou un nouveau départ ?

O doit être vu comme un nouveau départ. Mais pas un nouveau départ qui couperait tout lien avec nos albums précédents. Pour nous, c’est une suite logique depuis notre album I_CON. Comme si nous nous rapprochions de notre son idéal. Au lieu d’ajouter de nouveaux éléments à notre musique, nous préférons laisser tomber certaines choses et trouver le son le plus judicieux. C’est probablement dû au fait que nous contrôlons tout désormais. Nous avons enregistré et produit O nous-mêmes.

 

Pourquoi avez-vous voulu un album aussi éclectique musicalement ?

Je pense que c’est notre façon de faire de la musique. Toutes ces différentes influences proviennent de nos diverses expériences et de nos parcours musicaux. Nous avons toujours flirté avec plusieurs styles, comme le hip-hop, la techno… Nous prenons de chacun certains éléments clés pour créer notre propre ambiance. Ce mix éclectique étrange, c’est De Staat. Même la musique que nous détestons profondément peut être une immense inspiration pour nous.

 

Comme on le disait, O est une boucle, comme la vie. Doit-on voir une vision optimiste ou pessimiste ?

Je pense que notre objectif n’a jamais été de donner une vision spécifique du monde. Nous ne voulons pas dire ce qui est bien et ce qui est mal mais plutôt montrer que certaines situations valent un coup d’œil. Je ne suis pas certain que notre responsabilité soit de dire ce qu’il faut penser sur tels sujets. Mais c’est vraiment cool de pouvoir ouvrir des horizons à travers nos chansons. En général, nous sommes plutôt des personnes très optimistes. Nous essayons de trouver de la beauté à des choses de toute évidence négatives.

 

  • Jeudi 29 septembre à 19h30 au Kalif à Rouen. Tarifs : 8 €, 6 €. Réservation sur www.lekalif.com
  • Première partie : The World