Dédicace à Rouen : Éric Fottorino à l’Armitière

par | 24 mai 2016 | Un Livre

Éric Fottorino est l’invité de l’Armitière à Rouen jeudi 26 mai pour son dernier livre Trois jours avec Norman Jail (Gallimard). Ce qu’écrire veut dire…

 

photo C. Hélie

photo C. Hélie

Il y a bien un mystère au début de ce livre, Trois Jours avec Norman Jail d’Éric Fottorino. Pourquoi une jeune femme débarque-t-elle en Charente pour frapper à la porte d’un écrivain que la gloire n’a pas croisé ? On est loin de la groupie qui irait visiter un Michel Tournier reclus dans sa Sologne…

 

Très vite, d’ailleurs, la question ne se pose plus. L’auteur en question – Norman Jail, un pseudonyme dont le nom jail/prison illustre bien l’enfermement du personnage – va partir pour un long monologue sur une passion dévorante qu’il n’a pas choisie : écrire. Pendant des jours, Clara va suivre les pérégrinations du vieil homme qui distille propos et présence en maître de cérémonie.

 

C’est l’occasion pour Fottorino d’évoquer la puissance de l’écriture, ce besoin irrationnel qui prend tout l’espace. « Chaque texte est un cri muet qui vous vacarme la tête et les sangs ». Un hommage non dissimulé aux écrivains, passant sans doute par le vécu de Fottorino ; quand bien même l’éloge sort de la bouche d’un auteur raté, passablement névrosé… « Ma femme me demandait : « Mais qu’as-tu fabriqué cette nuit ? » C’était pire qu’une maîtresse. L’écriture, on l’entend, voilà tout. Certains n’entendent jamais rien. »

 

Tout sauf un passe-temps sans conséquences « Et là… Je parlais de déception. J’aurais dû dire humiliation. Écrire vous taille en pièces. Toutes ces pages à refaire, toutes ces phrases inutiles. Ces tournures empanachées qui pèsent des tonnes, elles vous avaient plu pourtant, sur le moment. Chaque passage vous semble maladroit. Il existait forcément une meilleure image, un assemblage de mots plus heureux. Une folie commence. »

 

C’est bien là le cœur du livre, un message d’amour pour les mots et une mise au point pour ceux qui minimiseraient la tâche de l’écrivain attaché à sa table. « Un roman est une force qui va, même si elle ne sait pas où elle va. L’important, ce n’est pas la destination, c’est le chemin (…) Le propre du grand livre, c’est de pouvoir le relire avec la sensation de ne l’avoir jamais lu. Si les coutures craquent, si les tournures sont trop avantageuses, vous êtes chez Guignol. L’inspiration est une sorte d’apparition. » Evidemment, le lecteur finira par obtenir la clé du mystère initial mais ce n’était sans doute pas l’essentiel…

 

H.D.

 

  • Jeudi 26 mai à 18 heures à l’Armitière à Rouen. Entrée libre.

 

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