Martin Veyron est en dédicace à la librairie Funambules de Rouen samedi 4 juin. Ce qu’il faut de terre à l’homme est une facétieuse adaptation de Tolstoï…

 

martinveyronSûr que les moins de 20 ans ne vont pas le connaître… C’est dans les années 1980 – au siècle dernier, donc – que Martin Veyron faisait parler de lui. On se souvient des aventures de Bernard Lermite ou encore de celles d’Edmond le cochon. Certains se rappellent peut-être également son album L’amour propre (sous-titré : « ne le reste jamais très longtemps ») qui connut son heure de gloire au point de devenir un film que le dessinateur a lui-même réalisé. Il y était question d’une quête du point G joyeusement débridée voire pornographique.

 

Les mystères de l’orgasme féminin ont un peu quitté Martin Veyron qui revient aujourd’hui avec l’adaptation d’une nouvelle de Léon Tolstoï donnant son nom à la couverture : Ce qu’il faut de terre à l’homme. Un grand récit parfaitement maîtrisé. Veyron a su capter toute la dérision du texte de Tolstoï dans cette histoire de fermier ambitieux et de paradis perdu. Le paradis, c’est ce village de Sibérie où les familles s’entraident en se contentant de ce qu’ils produisent. Un jour, les terres changent de grand propriétaire et l’héritier entend bien tirer plus de profit qu’auparavant. Et là, ça se gâte. Le village est en ébullition. La déroute guette. Pacôme (Pakhomm chez Tolstoï) est motivé pour travailler plus pour gagner plus… La spirale du capitalisme est en marche.

 

L’auteur prend de la distance avec tous ses personnages et sous le propos sérieux voire tragique, il parvient ainsi à tirer beaucoup d’humour, sans emphase, par petites touches, comme un artisan tranquille. Avec un trait étonnamment puissant et des couleurs joliment distillées. Et surtout, Veyron évite la caricature, donnant ainsi à son récit un véritable écho qui parvient jusqu’au monde d’aujourd’hui. A méditer. Une BD pour un conte philosophique à lire absolument.

 

  • Samedi 4 juin de 14h30 à 18 heures à la librairie Funambules, 55, rue Jeanne d’Arc à Rouen. Entrée libre