Laurent Mauvigner est à l’Armitière à Rouen mercredi 21 septembre et le lendemain à La Galerne au Havre. Le tour des libraires, il doit continuer. Continuer, c’est d’ailleurs le titre de son dernier roman paru aux éditions de Minuit.

photo Roland Allard

photo Roland Allard

C’est le début de la saison des prix littéraires et les listes tombent. Pour Laurent Mauvigner, tous les espoirs sont permis puisque l’auteur figure déjà sur la sélection des « goncourables » et sur celle du prix Fémina. Et de femme, il est d’ailleurs question dans Continuer puisque c’est bien Sibylle qui tient le roman. Dès le début, l’on sait qu’elle est partie avec son fils dans les montagnes du Kirghizistan, pays que l’on ne peut pas plus situer que l’on peut l’orthographier. Et ce début de roman vient gentiment renforcer les préjugés que l’on pourrait avoir sur l’inhospitalité de cette contrée qu’on imagine lointaine (en fait, moins de 7 000 km en passant par la Pologne, la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan. Ou alors, on prend l’avion. Mais est-il possible franchement qu’il y ait un aéroport à Bichkek… ? Bichkek, c’est la capitale).

 

Bref. Une mère et son fils, au bout du monde, dans l’inconnu, le froid et « l’inconfort ». Comment en sont-ils arrivés là ? Quelle(s) faute(s) doivent-ils payer ? Le lecteur l’apprend vite aussi : Samuel, le fils s’est mis dans une histoire glauque où l’inconséquence le dispute à la lâcheté. Alors, plutôt que des coups de ceinturon ou l’arrêt de l’abonnement au portable, direction la steppe… Application radicale de la rengaine qu’on sert aux enfants « tu as de la chance, toi ! Il y a des enfants au [suit le nom d’un pays pauvre selon l’inspiration] qui meurent de faim… »

 

Aux grands maux, les grands remèdes, donc. Mais des grands maux, Sibylle en connaît aussi. Plein. Sa vie ne s’est pas engagée exactement comme elle pensait. Suffisamment de travers en tout cas pour envisager un périple sans filet. C’est aussi pour elle qu’elle part, avec une drôle d’envie de se mettre en danger. Thierry Mauvigner va dès lors remonter la piste et démêler l’écheveau qui nouent ces existences, faisant partager au passage et au lecteur le bivouac, devant des paysages aux lumières incroyables. Au terme du roman, c’est comme si la terre avait basculé. Les jugements sont à revoir. Les choses ne sont jamais aussi simples qu’on le pense. Et le Kirghizistan n’est pas le trou de l’enfer…

 

Hervé Debruyne

 

  • Rencontre avec Laurent Mauvigner, mercredi 21 septembre à 18 heures à L’Armitière à Rouen et jeudi 22 septembre à 18 heures à la Galerne au Havre. Entrée libre