La saison du Trianon transatlantique ouvre mardi 1er octobre avec un nouveau projet artistique porté par Éric Boquelet, directeur depuis janvier 2019

« Avec les musiques actuelles, c’est une vieille histoire ». Éric Boquelet évolue dans ce milieu depuis plusieurs années avant de devenir en janvier 2019 le directeur du Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Dans son parcours professionnel, de Cléon à Rouen en passant par Paris et Le Havre, d’une mairie à la Région Normandie, il lui « manquait une relation à un public, à une salle, à un territoire. J’ai effectué un travail d’accompagnement et j’ai eu envie de mettre cette expérience au service d’un projet. C’est intéressant de penser le devenir d’un outil aujourd’hui avec les mutations des pratiques culturelles, de redonner du sens à un projet artistique ».

Et le Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen, il connaît. C’est une salle que j’ai « beaucoup fréquentée. Elle permet une belle relation entre publics et artistes, un vrai dialogue. La chanson, comme la francophonie, est son ADN et ça me plaît. J’ai été bercé par Brassens, Ferré, Mouloudji. Ma mère écoutait aussi les Yéyé, ma grand-mère, Brel et Ferrat. J’aime cette chanson lorsqu’elle est porteuse d’un message. C’est un art en soi qui fait le lien entre une pratique populaire et une musique plus savante à ses origines. Elle est d’inspiration poétique, parle de nous, du quotidien. Sa parole est libre et engagée ».

Éric Boquelet

Un Trianon rénové et ouvert

Pas de rupture dans le projet d’Éric Boquelet mais une continuité avec quelques ajustements. « La programmation sera ouverte sur le monde. La chanson permet d’aborder la francophonie sous toutes les facettes et avec divers enjeux. Après le Canada, avec le festival de Granby, nous allons explorer d’autres continents, notamment l’Afrique ». Pour cette première partie de saison, le directeur a réuni des fidèles du Trianon transatlantique, comme Tété, Clarika ou Alex Beaupain, donne une place à de jeunes chanteuses et chanteurs, tels que Suzanne et Antoine Élie, et à des artistes régionaux avec La Gammine, Denize, Tallisker. Une nouveauté : les concerts mystères. « Ce sont des paris. Il y en aura quatre durant la saison. Nous demandons au public de risquer une surprise et lui offrons un apéro mystère ». Il y a aussi les conférences chantées pour aborder diverses thématiques.

L’accompagnement des artistes en émergence reste un axe fort du projet d’Éric Boquelet. « Chaque saison, nous lancerons deux appels à candidature. Nous leur offrons des heures de plateau et de résidence avec un diagnostic technique et musical réalisé avec Le Kalif ». Cette année, ce sont Pollux et Horpailleur qui bénéficient du dispositif. À venir : le travail avec un ou une artiste associé(e) qui sera « impliquée, au cœur du projet », un tremplin régional de la chanson et une exposition permanente. Enfin, le Trianon transatlantique a fait neuve avec un hall d’accueil fraichement rénové qui sera davantage ouvert.

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