En Orient avec Flaubert

par | 29 novembre 2021 | Flaubert, Vie culturelle

Un nouvel épisode dans cette année Flaubert 21 : deux nouveaux ouvrages de l’écrivain rouennais paraissent en co-édition avec le Département de la Seine-Maritime. Ce sont des livres complètement différents puisque l’un concerne le voyage en Orient et l’autre est une sélection de lettres piochées dans sa longue correspondance.

Depuis 2019, le fonds des Archives départementales s’est enrichi d’un manuscrit original dit La Cange, nom des bateaux qui naviguaient sur le Nil. « Ce texte a été écrit d’une manière continue lors d’une tempête de sable. C’est le seul. Lors de ce son voyage, Flaubert ne prendra que des notes », rappelle Yvan Leclerc, professeur émérite de Lettres modernes à l’Université de Rouen Normandie et grand spécialiste de Flaubert. Ces sont ces Pages d’Orient — l’original est exposé jusqu’au 8 janvier au Archives départementales — qui sont publiées sur un beau papier avec d’un côté, la reproduction en fac-similé, et de l’autre, la transcription lisible. L’écriture de Flaubert n’est pas simple à lire. Avoir ces originaux montre comment l’auteur barrait, corrigeait, annotait.

Entre 1849 et 1851, l’écrivain quitte en effet Croisset pour réaliser un long périple avec son ami Maxime Du Camp, photographe, autour de la Méditerranée. Entre le 7 et le 20 février 1850, enfermé dans une cange, Flaubert rédige 13 feuillets pour se souvenir de la maison de Croisset et du périple jusqu’à Marseille. Sans oublier un bain dans la Méditerranée.

Un texte inédit

À ce texte, Stéphanie Dord-Crouslé, chargée de recherche au CNRS à Lyon, Caroline Dorion-Peyronnet, conservateur en chef du patrimoine, et Yvan Leclerc qui ont supervisé cette publication et apportent leur regard ajoutent Noura, un écrit inédit de 1848 et « incompréhensible. Ce récit épique se déroule pendant les croisades lors d’un conflit entre chrétiens et musulmans. Cela paraît inachevé ». Ces Pages d’Orient se terminent avec La Spirale, rédigé comme un scénario d’un roman auquel « Flaubert pense au moment de l’écriture de Madame Bovary. C’est l’histoire d’un personnage hanté par l’Orient ».

La Passion des lettres, correspondances choisies 1839-1880, est un tout autre ouvrage. Élisabeth Brunet a choisi plusieurs lettres écrites par Gustave Flaubert pour sa famille, ses amis, Louise Colet. « Elles permettent de se faire une idée de sa vie. Dans ces lettres, il y a le naturel, le côté spontané de son flow, un peu débraillé. Il se libère. On voit qu’il est un bon fils, un ami tendre, chaleureux et expansif, un amoureux passionné. Pour cela, cette correspondance est très intéressante ». La Passion des lettres en réunit 440 sur les 4 504 connues. Elle emmène de Rouen à Milan, en passant par Nogent-sur-Seine, Gènes, Ajaccio, Bayonne… 

Infos pratiques

  • Pages d’Orient de Gustave Flaubert, Du Lérot éditeur
  • La Passion des lettres, correspondance choisie 1839-1880, Gustave Flaubert, Éditions Élisabeth Brunet
  • © Département de la Seine-Maritime

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