Enaiat, 10 ans, a fui l’Afghanistan

par | 6 janvier 2020 | En famille, Théâtre

C’est l’histoire d’un enfant migrant, parti d’Afghanistan. Celle-ci va bien se terminer. Elle est racontée mardi 7 janvier à L’Éclat à Pont-Audemer et le jeudi 23 janvier au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux par la compagnie Barbès 35.

Une rencontre

Avant l’écriture d’un livre, il y a une rencontre. Celle entre Enaiat et Fabio Geda. Le premier, âgé alors de 21 ans, narre son périple à l’éducateur, également auteur. Enaiat est Afghan et Hazara, un peuple considéré comme des esclaves que persécutent les Pachtounes et les Talibans. Quand il a 10 ans, Enaiat part clandestinement avec sa mère vers le Pakistan. Il franchira seul la frontière. Pour le garçon, c’est une occasion de fuir pour rester en vie. Pendant cinq ans, il va errer de pays en pays jusqu’à arriver en Italie où il est recueilli par une famille. C’est un nouveau départ pour Enaiat. Tout ce périple est raconté dans ce livre, Dans La Mer, il y a des crocodiles, signé avec Fabio Geda. Des crocodiles, Enaiat en a rencontrés beaucoup. Il y a les épreuves de la vie à surmonter quand on est un enfant seul sur les routes, mais aussi les trafiquants à déjouer, les petits boulots à effectuer pour manger…

Une langue

Cet ouvrage traduit en 28 langues, est écrit avec « une langue directe. Enaiat revendique d’être factuel. Il n’est pas dans l’émotion. Il raconte ce qu’il a vécu. Il ne cherche pas l’apitoiement. Comme il doit sauver sa peau tous les jours, tout le temps. Dans ce récit, il y a une énergie vitale », remarque Cendre Chassanne. Le témoignage d’Enaiat n’en reste pas moins poignant.

Un choc

Cendre Chassanne, metteuse en scène, découvre Dans La Mer, il y a des crocodiles chez son libraire en 2011. « Nous étions pas autant alertés par cette tragédie des flux migratoires. Quand j’ai lu ce livre, j’ai eu un choc. Un vrai choc ! J’apprenais cette réalité par le récit, l’expérience singulière d’un enfant qui quitte son pays et voyage pendant cinq ans. J’ai eu envie de partager cette expérience avec tout le monde, de le partager avec tout ce que l’on sait aujourd’hui, ce que l’on a appris et ce que l’on ressent. Nous, artistes, sommes parfois des précurseurs d’une actualité à partager en la transcendant. Je trouve cela essentiel. Ce travail a pris du temps. Il a fallu passer par d’autres spectacles avant d’y revenir en 2016. Une année où il fallait y aller. Cette actualité était devenue insupportable ». 

Un voyage

Pour cette adaptation à la scène, Cendre Chassanne est restée « fidèle au récit d’Enaiat, à son parcours, à son expérience ». Crocodiles est un voyage dans les six pays que traverse le garçon. Pour la metteuse en scène, une telle création demande « une incarnation. Enaiat est un enfant solaire. Il a une énergie positive. Cela me semblait être une expérience forte pour le spectateur. Cela permet aussi de mieux comprendre de l’intérieur ces personnes qui sont poussées à l’exil ». Un seul comédien, en alternance Rémi Fortin et Zacharie Lorent, porte ce récit brûlant. Il emmène dans un voyage qui peut sembler extraordinaire mais se révèle une véritable tragédie qu’ont vécu ces dernières années des milliers d’enfants et d’adultes.

Infos pratiques

  • Mardi 7 janvier à 19 heures à L’Éclat à Pont-Audemer. Tarifs : 6 €, 4 €. Réservation au 02 32 41 81 31 et sur http://eclat.ville-pont-audemer.fr
  • Jeudi 23 janvier à 20 heures au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 10 à 4 €. Réservation au 02 35 97 25 41 ou sur www.lrv-saintvaleryencaux.com
  • Spectacle tout public à partir de 9 ans

À lire également

Lorem ipsum justo ut fringilla commodo id in