La scène nationale Evreux-Louviers, le Cadran et la future salle de musiques actuelles ne font plus qu’un depuis la création de l’EPCC Evreux-Louviers-Eure le 1er janvier dernier. Christian Mousseau-Fernandez en a été nommé le directeur. Présentation de son projet.

 

christian mousseau fernandezCréer un EPCC (établissement public de coopération culturelle) pour réunir trois structures avec un cahier des charges et des missions opposés peut apparaître comme une aberration. Pour Christian Mousseau-Fernandez, « c’est surtout une richesse. L’objectif a été de trouver une cohérence artistique ». Pour cela le premier directeur de l’EPCC Evreux-Louviers-Eure qui regroupe la scène nationale Evreux-Louviers, le Cadran et la future salle de musiques actuelles, nommé en mars dernier, a « appréhendé cette question par le prisme de l’habitant, du spectateur, du public. La porte d’entrée va être facilitée pour aller d’une esthétique à une autre ».

 

Dans le projet de Christian Mousseau-Fernandez, ancien directeur des Affaires culturelles à Verrières-Le-Buisson, à Douchy-Les-Mines et du Quai à Angers, c’est donc « la circulation des publics » qui est essentielle. « Dans le contexte sociétal d’aujourd’hui, avec le repli sur soi, la recherche de ce qui nous sécurise affectivement, moralement, il faut susciter un appétit à aller vers la découverte. Il y a la possibilité de créer des passerelles, de solliciter une mobilité des spectateurs dans les arts et physiquement ».

 

Il est important, selon Christian Mousseau-Fernandez, de « faire l’expérience d’être spectateur. On ne naît pas spectateur, on le devient. Cela procède par étape. C’est comme la nourriture ou le sport. Il y a toujours une première fois et il ne faut pas la rater. On découvre le plaisir ». Christian Mousseau-Fernandez encourage le public à prendre des risques. « Nous en prenons aussi ».

 

Pluridisciplinarité

Dans son projet pour cet EPCC, le directeur est tout d’abord tenu par le respect du cahier des charges d’une scène nationale avec « un soutien à la création contemporaine dans un esprit de pluralité esthétique ». A Evreux et Louviers, il s’agit de « trouver un équilibre de programmation qui va reposer sur une ligne artistique ». Christian Mousseau-Fernandez s’appuie sur les différentes disciplines. « Je vais les croiser. Il y aura une dominante qui va me permettre de programmer des artistes qui les confrontent sur scène ». A cela s’ajoute une présence artistique plus visible. Le directeur fait de L’Héliotrope, la troupe de Paul Desveaux installée à Bernay, la compagnie associée pendant trois saisons. « On va s’accompagner mutuellement, s’associer sur des enjeux de relations avec le public ».

 

Durant les saisons, Christian Mousseau-Fernandez envisage également « un temps fort autour des jeunes, pour et avec les adolescents. Je souhaite donner à découvrir des textes et des artistes qui ont une sensibilité commune avec cet état de l’humanité qu’est l’adolescence ». Et le cinéma ? « Il y aura un travail en continuité par rapport à ce qui a été fait. Le cinéma sera un élément de création artistique qui amènera une plus-value ».

 

Rassurer

Dans le projet de Christian Mousseau-Fernandez, il y a une place pour les compagnies régionales parce que « nous avons une forme de responsabilité sur la création artistique régionale. A ce titre, on se doit un minimum : un échange pour que ces compagnies participent du repérage artistique. Ensuite, elles doivent entrer dans une logique de programmation ». En ce qui concerne les liens avec les salles normandes, « nous serons dans un champ de coopération ».

 

Fusionner trois structures, c’est aussi fonder une nouvelle équipe avec trois différentes qui ont vécu quelques épisodes tourmentés ces derniers mois. Celle de l’Abordage intègrera l’EPCC le 1er juillet prochain. « Je n’ai pas eu besoin de rassurer. L’acte de recrutement d’un directeur a envoyé un signe à tout le monde ». Désormais, « tous seront au service d’un seul projet. Nous avons des cultures, des histoires différentes. Cela va se frotter dans le bon sens du terme ».