La mer et encore plus les abysses ont été des sources d’inspiration pour les artistes de la seconde moitié du XIXe siècle et du XXe siècle. Le MuMa au Havre présente jusqu’au 9 septembre 180 œuvres réunies pour cette nouvelle exposition intitulée Né(e)s de l’écume et des rêves.

D’un côté, une vue magnifique sur la mer. De l’autre, une plongée unique dans les fonds marins. Le MuMa au Havre, élevé au bord de la plage, propose une promenade magique dans les océans avec cette nouvelle exposition, Né(e)s de l’écume et des rêves. Un parcours en 180 étapes avec peintures, photographies, sculptures, gravures, vidéos, livres… pour se transformer en capitaine Nemo, le héros de Jules Verne.

Avant que les artistes puissent s’appuyer sur les études des océanographes, ils ont imaginé l’envers du décor. Comme Edward Moran avec La Vallée dans la mer (1862) qui partage sa vision de ces immensités. « Il transpose un paysage classique dans un fond marin avec au premier plan, la flore, et au second plan, les poissons », commente Annette Haudiquet, directrice du MuMa. 

Les avancées scientifiques vont ensuite nourrir les regards des hommes sur l’environnement marin. Les artistes trouveront là une source inépuisable d’informations. Ernst Haeckel fait découvrir une flore avec ses herbiers de mer dans une approche naturaliste. Quant à Louis Bouttan, il va photographier dans le premier caisson étanche, muni d’un système d’éclairage autonome, le paysage sous-marin à Concarneau. Le surréaliste André Breton explore à sa manière la faune et la flore des océans.

Des fantasmes

La mer reste surtout le lieu de tous les fantasmes, des fantaisies, des peurs, des aventures extraordinaires. Les artistes se nourrissent alors des récits mythologiques et fantastiques. Dans cette exposition au MuMa, on croise des Vénus, celle d’Amaury-Duval, inspirée d’Ingres, des sirènes qui surgissent de la profondeur des mers. Certaines se montrent plus ingénues alors que d’autres ne cachent pas leur pouvoir maléfique. Il y a également les montres marins d’Odilon Redon, bien mous, ceux de Lucien Lévy-Dhurmer, semblables à des méduses.

Avec un tel thème, le MuMa ne pouvait oublier Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, paru en 1869. Alphonse de Neuville et Édouard Riou en réaliseront les illustrations, publiées par Hetzel. Ils immortaliseront le célèbre sous-marin, le Nautilus, et le visage du capitaine Nemo. Pierre et Gilles en donneront une autre figure dans une de leurs fameuses photographies. Quant à Georges Méliès, il tournera des films fantastiques qui rappellent le roman de Jules Verne. Mais lui a décidé d’aller à Deux cent mille lieues sous les mers.

La mer et ses profondeurs n’a cessé d’interroger nos idées, titiller notre curiosité et bouleverser nos imaginaires. C’est ce que démontre Né(e)s de l’écume et des rêves, une exposition avec un riche ensemble d’œuvres abordant aussi le lien entre la science et la création.

  • Jusqu’au 9 septembre, du mardi au vendredi de 11 heures à 18 heures, les samedi et dimanche de 11 heures à 19 heures, au MuMa au Havre. Tarifs : 10 €, 6 €, gratuit pour les moins de 26 ans, pour les demandeurs d’emploi et pour tous les visiteurs le premier samedi de chaque mois. Renseignements au 02 35 19 62 62 ou sur www.muma-lehavre.fr