L’exposition Walker Evans, The Magazine Work raconte l’histoire d’un homme, des Etats-Unis et de la photographie. Elle est présentée pour la première fois en France à la galerie du Pôle Image à Rouen jusqu’au 9 mai.

 

Walker Evans, "People and places in trouble", Fortune, mars 1961, Courtesy of Metropolitan Museum of Art, New York

Walker Evans, « People and places in trouble », Fortune, mars 1961, Courtesy of Metropolitan Museum of Art, New York

Un homme. Walker Evans (1903-1975), un photographe américain autodidacte, a commencé son travail juste avant la crise de 1929. Reconnu comme l’instigateur du style documentaire, il représente aujourd’hui une figure tutélaire de la photographie au XXe siècle. Pendant 40 années, il a réalisé un véritable travail éditorial, utilisant un vocabulaire quelque peu désuet.

Exposé au MoMa, Museum of modern art à New York, à l’âge de 35 ans, Walker Evans était certes photographe mais il a voulu aussi s’imposer comme auteur. A la presse, notamment à Fortune, il proposait ses sujets, prenait les photos, rédigeait les articles et contrôlait la mise en page. Il avait gagné une grande liberté éditoriale.

 

Des histoires. Les œuvres racontent non seulement l’histoire de Walker Evans, mais aussi celle de la photographie et des Etats-Unis. Walker Evans observe son époque et se pose en témoin des années folles, d’un krach boursier qui entraina une grande dépression, du New Deal et de l’avènement de la société de consommation. Ambitieux et audacieux, il n’hésite à évoquer quelques dérives économiques dans Fortune, magazine publié pour le monde des affaires. Walker Evans s’est également beaucoup intéressé à l’architecture, notamment à celle du XIXe siècle et du début du XXe siècle, à un moment où les bâtiments de ces époques ne séduisaient plus. Il était attaché à la notion de patrimoine.

 

 

Un travail pluriel. L’exposition, Walker Evans, The Magazine Work, prend des formes singulières puisqu’elle rassemble diverses reproductions d’essais, de portfolios, des reportages publiés dans plusieurs magazines. Elle traverse ainsi quatre décennies de travail et de courants photographiques, allant d’une approche avant-garde, empruntée à celle des Européens, jusqu’à son style documentaire qui lui est si propre.

 

 

  • Jusqu’au 9 mai, tous les jours, du mardi au samedi de 14 heures à 18 heures à la galerie du Pôle Image, rue de la Chaîne à Rouen. Entrée libre.