Chaque année, Microphasme présente ce que se fait de mieux dans le secteur de la micro-édition. Les 17 et 18 mars à Rouen, le salon du collectif HSH accueille 22 créateurs et créatrices en tout genre. Parmi eux, il y a la fanzinothèque de Poitiers qui conserve et collecte depuis 28 ans des publications nationales et internationales.

La Fanzinothèque, ouverte en 1989 à Poitiers, a été une volonté de lycéens. Les jeunes de la ville souhaitaient avoir à eux une bibliothèque avec leurs diverses publications. Aujourd’hui, le lieu, devenu incontournable en France, possède 55 000 ouvrages, la plus grosse collections de fanzines en Europe. Pour Virginie Lyobard, directrice de la Fanzinothèque, « un fanzine reste une publication sauvage. Elle n’a pas de ISBN (international standard book number, ndlr). Il est réalisé par des collectifs venant de différents horizons et touche tous les domaines. En fait, est fanzine celui qui décide de l’être ».

La mission première de la Fanzinothèque est de collecter et de conserver les ouvrages. « Le plus souvent, on vient vers nous. Nous avons régulièrement des œuvres dans notre courrier. Ce sont des éditeurs ou des collectionneurs qui déménagent ou qui ont moins d’intérêt pour le fanzine qui nous cèdent leurs publications. Lors des salons, comme à Rouen, je vais faire le tour des exposants et leur demander qu’ils nous confient un exemplaire de leurs ouvrages ». Ranger une telle collection n’est une tâche aisée. « Nous avons tout simplement choisi par ordre alphabétique et par pays ».

La Fanzinothèque retrace ainsi une histoire d’une publication commencée « dans les années 1960. Il existe aussi des ouvrages de science fiction de 1951 ». Une histoire en plusieurs chapitres  : « le fanzine est lié au mouvement de la contreculture. Il diffusait des informations underground et dit beaucoup de ces périodes auxquelles il est publié. Dans les années 1980 et 1990, certains étaient très violents. L’arrivée d’Internet a tout bousculé. Le fanzine devient un objet artistique, questionne des sujets contemporains. La forme, l’esthétique sont très importants. Aujourd’hui, les thèmes se mélangent, les formes sont plus classiques et l’écrit tient une place importante ». Lors de Microphasmes, le Fanzinothèque présente une série une partie de sa collection, avec des fanzines anciens et récents publiés par des illustrateurs, des graphistes, des écrivains, des poètes et aussi des philosophes.

Le salon de la micro-édition

Microphasme, salon de la micro-édition du collectif HSH, réunit pendant deux jours des éditeurs de toute la France. Dans ce domaine, les protagonistes ne manquent pas d’idées. La micro-édition est un secteur très riche et vivant. 22 éditeurs présenteront leur travail. Cela va des livres-objets à des sérigraphies en passant par de la linogravure, des affiches, des peintures, des collages, du graphzine… Au programme également : des expositions, une table ronde sur la conservation des fanzines et des concerts avec Jingle et Will Guthrie.

  • Microphasme, samedi 17 mars de 11 heures à 22 heures et vendredi 18 mars de 11 heures à 19 heures au 29, rue Victor-Hugo à Rouen. Entrée libre