À Une Passante, Parfum exotique, L’Ennemi, Vie antérieure, L’Invitation au voyage, Promesses d’un visage… Ce sont tous des poèmes de Charles Baudelaire réunis dans Les Fleurs du mal, un recueil paru en 1867. Frànçois Atlas leur a imaginé un écrin d’une pop élégante et soyeuse. Il les a interprétés une première fois lors de l’exposition Baudelaire, L’Œil moderne au musée de la Vie romantique, puis enregistrés. Il les chante jeudi 28 mars à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Entretien avec François Atlas

À quel âge avez-vous lu Les Fleurs du mal ?

J’ai feuilleté Les Fleurs du mal quand j’étais adolescent. Comme beaucoup, j’ai étudié ces poèmes à l’école. Je les ai retrouvés plus tard. En fait, c’est un livre qui n’a jamais vraiment été très loin de moi.

Quels souvenirs en aviez-vous ?

J’avais plutôt une vision assez sombre des Fleurs du mal. Grâce à la musique, j’ai redécouvert ces poèmes. J’ai trouvé beaucoup de rebonds, d’astuces, de sourires dans la forme et dans les couleurs.

Comment avez-vous abordé ces poèmes ?

L’instrument a amené une certaine légèreté. Au départ, j’avais la volonté de prendre un contrepied de ce que l’on imagine de Baudelaire, cet homme sombre du XIXe siècle. Je ne voulais pas être non plus dans quelque chose de larmoyant. C’est pour cela que j’ai joué en groupe. Quand on est seul avec un livre, on est dans une voix intérieure un peu grave. À plusieurs, il y a un plaisir de vivre et une sublimation de la tristesse.

D’où les collaborations avec Fishbach, Juliette Armanet, Malik Djoudi, Barbara Carlotti…

Exactement. C’est toujours bien d’inviter un artiste et de l’emmener vers d’autres endroits.

Pourquoi avez-vous appris les poèmes par cœur avant d’entamer votre travail ?

Ça, c’est pour frimer dans des soirées…

Est-ce difficile de mettre en musique les poèmes de Baudelaire ?

C’est très simple. Ils sont tellement bien écrits. Avec des correspondances. Une image en appelle une autre.

Où est la musique dans les poèmes de Baudelaire ?

Elle est surtout dans la forme avec les assonances, dans les couleurs, les résonances… Les airs rebondissent.

Quel est le plaisir à chanter les mots de Baudelaire ?

C’est assez jouissif à avoir en bouche. Il y a chez Baudelaire un côté noble et piquant. Et c’est d’une telle beauté.

Beaucoup d’artistes se sont déjà penché sur les écrits de Baudelaire. Était-ce pour vous un exercice périlleux ?

Si on m’avait imposé cet exercice, il y a de fortes chances que la pression me fasse renoncer à ce projet. Là, on m’a demandé si je souhaitais participer à un événement musical autour de Baudelaire. J’ai donc fait marcher mon cerveau. Comme c’est une impulsion venant de moi, le travail a été ludique. J’ai alors fait un pied de nez à un exercice de style.

Savez-vous déjà comment cet exercice va nourrir votre prochain projet ?

Il le nourrit en effet. La mise en musique des poèmes de Baudelaire a assouvi un côté esthétique, le désir d’une musique planante. Le prochain projet sera plus rythmique, plus électrique et plus dansant.

Êtes-vous un grand lecteur de poésie ?

Oui, beaucoup. Il y a quelques auteurs vers lesquels je reviens souvent. Comme Cesare Pavese, Yves Bonnefoy. J’aime aussi la poésie de Houellebecq même s’il est écrasé par toutes les polémiques autour de ses romans. Néanmoins ses écrits du début sont remarquables. J’aime bien le côté romantique. C’est un état dans lequel je tombe facilement. Même si j’essaie par tous les moyens d’en sortir. 

Infos pratiques

  • Jeudi 28 mars à 20h à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu.
  • Tarifs : 13,20 €, 9,10 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 35 36 95 80.
  • Première partie : Huit Nuits

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