Un piano et une voix. Celle de Gaspard Royant. Le chanteur aux allures de crooner donne un nouvel écrin à son répertoire aux couleurs des années 1960. Il crée un univers plus intime à des chansons d’amour déçu lors de cette tournée qui précède la sortie d’un nouvel album. Gaspard Royant sera accompagné au piano par Dominique Comont jeudi 28 novembre au Tetris au Havre dans le cadre du festival Piano is not dead. Entretien.

Votre premier instrument est le saxophone. Qu’est-ce qui vous a amené jusqu’au piano ?

Mon premier instrument est en effet le saxophone. Je me suis mis à la guitare à l’adolescence. C’est plus facile pour draguer les filles… En ce qui concerne le piano, je suis incapable d’en jouer. Je suis un mauvais pianiste. C’est pourtant un instrument que j’admire, qui se suffit à lui-même parce qu’il est d’une richesse infinie. Avec cette tournée en piano-voix, je vis un moment dont j’avais envie. Un moment de vérité !

Que voulez-vous dire ?

Avec juste le piano et la voix, on ne peut pas tricher. C’est un vrai moment de vérité, de sincérité. Sur scène, je suis sur un fil. Je n’ai personne pour me rattraper si je trébuche.

Lors de cette tournée, vous êtes uniquement dans une position de chanteur.

Oui, je reste dans ma condition de chanteur. D’ailleurs, je suis plus un compositeur qu’un musicien. J’aime aussi raconter des histoires. Là, je reste dans ma condition de chanteur. Je n’oublie pas tout ce qui s’est passé précédemment. J’ai beaucoup tourné avec un groupe et j’ai adoré la puissance, la folie. J’ai eu envie de prendre le contrepied, d’être moins dans la puissance mais plus dans la nuance, de trouver une autre intensité. C’est un vrai plaisir.

Comment avez-vous travaillé cette nouvelle interprétation ?

Ce fut un travail intéressant. Il a tout d’abord fallu une réflexion sur les chansons. On est parfois à la limite du remix. Cela a été un travail d’effeuillage des titres pour en trouver leur noyau. Sur scène, c’est aussi différent. Jusqu’à présent, je sautais partout. J’ai commencé à chanter en beuglant dans les garages. Avec ce piano-voix, tout cela ne peut pas fonctionner. Il faut garder une intensité et une force tout en étant dans une économie de la voix. Tout est en fait dans le détail.

Est-ce complexe pour vous ?

Ce n’est pas facile. Pour moi, c’est un vrai exercice pour moi qui m’a demandé beaucoup de préparation.

Vous qui aimez écrire des histoires, qu’avez-vous envie de raconter lors de ce piano-voix ?

Comme nous sommes dans un moment plus intime et que je chante en anglais, j’avais envie de prendre du temps pour raconter les chansons, pour expliquer les thèmes qui m’obsèdent, pour me présenter. Pour les personnes qui m’ont déjà vu en concert, c’est une surprise. Je le vois dans leurs yeux. Je les vois me suivre dans ce moment particulier. C’est très bienveillant.

Est-ce que cette expérience va avoir une incidence sur votre écriture ?

Sans doute. Ces concerts m’apprennent à varier les intensités. Cela me donne des idées pour le prochain album qui n’est pas tout à fait terminé. Lors des concerts, j’interprète quelques nouveaux morceaux qui sont différents. Avant, j’étais plus dans la nostalgie, dans l’enfance et l’adolescence. Je m’ouvre désormais en abordant des thèmes d’actualité.

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