Gauvain Sers : « Quand je croise l’inspiration, je ressens un sentiment d’ivresse »

par | 14 septembre 2021 | Concert

Sur Les Toits de Paris, une de ses chansons, Gauvain Sers contemple le monde et le raconte. Dans ce troisième album, Ta Place dans ce monde, le chanteur a une pensée pour celles et ceux qui sont « dans l’ombre » ou « en première ligne », pointe le racisme, a un regard tendre pour celle qui « était là ». Il reste dans cette poésie réaliste qui a fait son succès. Gauvain Sers sera vendredi 17 septembre au 106 à Rouen. Entretien.

Dans cet album, vous vous interrogez sur la place que chacun a dans le monde. Est-ce une question que vous vous êtes souvent posé ?

Oui, comme tout le monde et à des âges différents. C’est un sujet assez universel. Il nous arrive de nous demander si on habite au bon endroit avec la bonne personne, si on a pris le bon chemin. C’est presque la quête d’une vie. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire. Adolescent, j’écoutais de la musique dans ma chambre et je me posais des questions sur mon avenir. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire dans ma vie ?

Ce sont des artistes qui vous ont amené à cette réflexion ?

Oui, j’écoutais Brel, Noir Désir… Renaud a toujours beaucoup compté pour moi. Ce sont des chansons plus sociales, plus engagées qui m’ont amené à cette réflexion, à cet éveil. Je me suis rendu compte que nous n’habitons pas tous le même monde.

Pensez-vous avoir trouvé votre place aujourd’hui ?

Oui, je suis dans un domaine dans lequel je ne me pose aucune question. J’ai la chance de vivre de ma passion et je mesure cette chance. En fait, j’ai deux places. La première est celle où j’écris et retranscris mes émotions. L’autre est sur scène. Je suis là pour faire voyager le public. C’est la place où je me sens le mieux.

Faut-il prendre des chemins de traverse pour trouver cette place ?

J’ai l’impression que l’on tombe dans l’ennui quand on prend seulement les rues principales. Le vie est faite de plusieurs chemins de traverse. Et c’est ce qui est le plus intéressant.

Faut-il rêver aussi sa vie ?

Oui, je crois. Pour être un artiste, il faut être un grand rêveur. Ce que je vis a été un rêve de gosse. J’ai eu la chance aussi de côtoyer des artistes, de parler avec eux et de chanter avec eux. Au fil de la vie arrivent de nouveaux rêves. Je pense que rêver est aussi important que d’aimer.

Comme vous le chantez, cette liberté a un prix ?

Oui, elle a un prix. On peut parfois en payer les frais. Les histoires ne se terminent pas toujours bien. Nous ne sommes jamais sûrs d’arriver à nos fins. Mais quel est le plus important, le résultat ou le chemin ? Pour moi, c’est le chemin. Il faut toujours persévérer et ne pas regretter. En ce qui concerne mon parcours, je n’avais aucune certitude d’être là où je suis lorsque j’ai décidé de me lancer dans la musique. J’avais un diplôme d’ingénieur. Quelque part, je cherchais cette liberté, pouvoir tout changer du jour au lendemain. Pour cela, il faut beaucoup d’insouciance et d’inconscience. Aujourd’hui, je suis très heureux. Au départ, je voulais juste vivre de ma musique. C’est ça, la vraie liberté : pouvoir se lever tous les matins et être content de se lever.

Pourquoi évoquez-vous ce sujet de la lutte des classes ?

J’aime aller aussi sur un chemin plus social et parler de ce qui me touche. J’ai l’impression que les fossés s’agrandissent. Nous avons vu que certaines personnes sont la colonne vertébrale de la société et qu’elles ne sont pas dans la lumière. Sans elles, la Terre ne tourne plus vraiment rond. J’ai voulu leur rendre un hommage dans cet album parce que j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour elles.

À quel moment croisez-vous l’inspiration, comme vous l’écrivez ?

Les chansons arrivent comme cela. Elles mûrissent pendant longtemps dans ma tête. Après, je les capte et je dois les coucher sur le papier. Et ce moment est très furtif. Quand je croise l’inspiration, je ressens un sentiment d’ivresse qui est précieux.

Infos pratiques

  • Vendredi 17 septembre à 20 heures au 106 à Rouen
  • Première partie : Ben Herbert Larue
  • Tarifs : de 31 à 14,50 €
  • Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • photo : Frank Loriou

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