Huit Nuits pense à 2022

par | 9 février 2021 | Vie culturelle

Les résidences se multiplient au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. Cette fois, c’est le groupe rouennais Huit Nuits qui est venu préparer un prochain album et un futur set pour une tournée en 2022.

« Cela fait du bien de se retrouver ». Les trois membres de Huit Nuits, Manon Basille, Pierrick Le Bras et Bertrand Geslin, ont passé deux semaines au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. Depuis le début de la crise sanitaire, le groupe rouennais a été très actif. Le premier confinement a été l’occasion d’écrire une œuvre collective avec des artistes musiciens, plasticiens, comédiens. Ces Délicieux Cadavres sont une série de 17 vidéos avec des histoires poétiques. 

Il y a eu aussi l’écriture de nouvelles chansons pour un prochain album. « Nous avons maintenant besoin de la scène pour aller plus loin, jusqu’au bout de nos idées. Et cela, nous ne pouvons pas le faire chez nous ». Les Huit Nuits veulent se donner du temps. Le confinement culturel leur en offre. « C’est le moment de se questionner sur la création, sur l’univers visuel, sur les lumières. Cela permet d’explorer plein de possibilités, même de se perdre. Nous pouvons calculer le temps différemment aujourd’hui. Nous n’avons plus de contraintes, ces injonctions de l’industrie de la musique. Nous étions sur un rythme qui n’est pas le nôtre parce que les producteurs invitent à accélérer. Là, nous sommes seulement sur des considérations artistiques ».

Que des nouvelles chansons !

Les prochaines chansons porteront-elles la marque de cette période tourmentée ? « Elles en seront imprégnées. La création, c’est un aller-retour entre la réalité et la fiction. C’est pour cette raison que l’on n’a plus de quoi se nourrir quand on est à l’isolement ». Les Huit Nuits ont d’autres sources d’inspiration, notamment la philosophie. « Nos chansons sont des réflexions. Nous allons chercher des zones d’ombre. Lorsque cela ne va pas, nous nous imposons des interrogations. Les sujets qui nous tiraillent font nous poser des questions. Et nous les poétisons », explique Manon Basille. « Depuis longtemps, je suis un fervent de philosophie. Cela m’aide à vivre au quotidien. Nous ne pouvons pas rester planter dans ses idées. Il faut les faire grandir. La philosophie permet de vivre l’amour, la liberté correctement et d’être le plus heureux possible », ajoute Pierrick Le Bras.

La philosophie permet aussi d’apaiser la colère. Il y en a eu après les prises de paroles politiques. « Tout ce que nous vivons a un impact sur la psychologie, sur nos libertés. Nous étions entre déprime et colère. À un moment, on se rend compte que cela ne sert à rien. Je n’ai pas d’endroit où la mettre. Si on déprime, on joue leur jeu. Il nous reste la pensée qui, elle, n’est pas figée. On peut toujours penser et c’est bon pour chacun. Il ne faut pas non plus faire comme si de rien n’était. Malgré tout cela, je peux encore faire des choix. De toute façon, je suis mois efficace quand je suis triste et en colère », explique le guitariste. La création reste le moteur des Huit Nuits. Leur objectif : « créer un vrai set pour 2022 avec seulement de nouvelles compositions ».

  • photo : Fred Margueron

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