Javier Aranda : « Les marionnettes me permettent d’aller plus loin dans la poésie »

par | 18 novembre 2021 | Théâtre

Il y a beaucoup de tendresse, d’humour et de poésie dans ce spectacle. Vida raconte une vie avec ses différentes étapes, le temps qui passe.  Javier Aranda, marionnettiste espagnol de grand talent et lauréat de nombreux prix, crée des personnages singuliers avec ses mains et de la vie en les animant et en piochant de multiples objets dans sa boîte à couture. Il joue jeudi 18 novembre au Passage à Fécamp, vendredi 19 novembre au Siroco à Saint-Romain-de-Colbosc, puis en janvier à L’Étincelle à Rouen. Entretien.

Pourquoi avez-vous choisi la marionnette ?

J’ai fait des études de théâtre et commencé mon parcours artistique en étant comédien, amateur et professionnel. J’ai alors rencontré Iñaqui Juarez, qui était le directeur du Théâtre Arbolé, un théâtre de marionnettes. Là, j’y ai découvert le monde des marionnettes et j’ai tout de suite été conquis. J’aime le théâtre mais je suis aussi fasciné par la peinture et le modelage. La marionnette me permet de vivre plusieurs de mes passions.

Qu’est-ce que la marionnette vous permet d’exprimer ?

Le théâtre me satisfait pleinement. Je ne trouve pas de barrière qui sépare le théâtre d’acteur et la manipulation des objets. Je crois que dans le théâtre contemporain les langages se mélangent, s’enrichissent, créent de nouvelles formes et construisent de nouveaux langages qui nous permettent d’approfondir l’âme humaine. Les marionnettes me permettent d’aller plus loin dans la poésie de la proposition. Un acteur ne peut pas séparer la tête du corps. Il ne peut pas voler. La marionnette oui, elle peut aller aussi loin que dans mon imagination.

Comment naissent vos personnages ?

Ils naissent petit à petit dans mon atelier. Au départ, ce sont des idées vagues sur lesquelles j’ai envie de travailler. Je joue avec les matières (tissu, carton, bois…) et je les sélectionne. Je donne forme, je cherche leurs mouvements, leur façon de parler… On pourrait dire que les personnages naissent d’une partie de moi avant d’affirmer leur personnalité et de décider par eux-mêmes.

Est-ce que vos histoires s’écrivent à partir des personnages ou l’inverse ?

J’ai travaillé dans les deux sens avec d’autres compagnies. Pour mes spectacles, je pars d’une idée très basique et pas du tout définie. Ensuite je laisse les personnages se développer et en quelque sorte ce sont eux-mêmes qui finissent par écrire l’histoire.

Pourquoi travaillez-vous seul ?

Je pense que ce n’est pas un choix. Cela s’est fait par hasard et d’une manière ou d’une autre, je me suis adapté. J’ai découvert les avantages d’y aller seul. C’est pratique pour voyager, adapter les horaires de l’atelier et des répétitions à ma vie personnelle… Désormais, j’aimerais vraiment pouvoir créer avec d’autres personnes et partager des expériences.

Est-ce que vous entrainez vos mains comme un sportif ?

Non pas du tout. J’essaie de faire de l’exercice, des étirements, de la relaxation tous les jours… Mais de manière globale, je ne me concentre pas du tout sur mes mains. Dans mon travail, j’utilise tout le corps, les mains sont une partie de plus et pas plus importantes que les autres.

Comment est née l’histoire de Vida ?

Je suis un adepte du théâtre de Peter Brook et de son essentialité. D’une manière ou d’autre, j’ai essayé de transférer ça au théâtre de marionnettes. Je commence à construire un personnage avec le minimum d’éléments possibles et à partir de là, je me laisse porter. 

Infos pratiques

  • Jeudi 18 novembre à 19 heures au Passage à Fécamp. Tarifs : 8 €, 5 €. Réservation au 02 35 29 22 81 ou sur www.theatrelepassage.fr
  • Vendredi 19 novembre à 20 heures au Siroco à Saint-Romain-de-Colbosc. Réservation au 02 35 20 57 92 ou sur www.lesiroco.com
  • Jeudi 20 janvier et vendredi 21 janvier à 20 heures à la chapelle Saint-Louis à Rouen. Tarifs : de 16,50 à 3 €. Pour les étudiants : carte Culture.  Réservation au 02 35 98 45 05 ou sur www.letincelle-rouen.fr
  • Durée : 55 minutes
  • Spectacle à partir de 8 ans
  • photo : Ana Jimenez

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