© Chanel

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Jim Yamouridis est un homme qui a la classe. Il y a beaucoup d’élégance dans sa manière d’écrire des chansons. Empreintes d’une sensibilité profonde et d’une mélancolie brute, elles hypnotisent. Il y a aussi la voix grave et pénétrante, le chant délicat. Ancien architecte, figure de la scène rock dans les années 1990 à Melbourne en Australie avec The Stream, Jim Yamouridis, désormais installé en France, explore un blues-rock dépouillé. Il vient à Rush, festival du 106, dimanche 29 mai.

 

Quels liens faites-vous entre l’architecture et la musique ?

C’est vrai, il y a un lien entre l’architecture et la musique. Dans les deux domaines, il y a des règles à respecter. Et c’est bien pour la création. Chaque mot est composé de syllabes, la musique, de notes. Il faut aligner les syllabes et le rythme. Je trouve cela très intéressant. En revanche, il ne doit y avoir aucune contrainte dans l’imagination.

 

Pour l’architecture, comme pour la musique, l’histoire est-elle importante ?

Oui, il n’y a aucune œuvre qui n’a pas de lien avec le passé. Il est important de connaître ce passé, sinon, on ne peut pas la comprendre. Cela est conscient ou inconscient. Nous avons tous une mémoire qui forme notre appréciation des choses.

 

Est-ce qu’une chanson s’écrit avec d’autant de patience que s’élève toute construction ?

Oui, il faut avoir de la patience. Il est très rare que les choses arrivent de manière foudroyante. Je commence mon travail en fonction de ce que je ressens, de ce que j’ai vécu. C’est bien d’avoir une certaine fraicheur et de changer d’approche à chaque fois.

 

Votre approche est toujours poétique.

Oui, plutôt. Dès mon enfance, j’ai été baigné dans la musique et dans la poésie. Ma mère a écrit beaucoup de poèmes. Avec peu de mots, un texte donne plusieurs émotions et sensations, de la joie ou de la mélancolie. Pour cela, il faut choisir les bons mots pour éveiller tous les sens.

 

Lisez-vous de la poésie ?

Oui, je lis beaucoup de poésie. Il y a beaucoup de poètes que j’adore. En ce moment, comme je compose, je ne lis pas et je n’écoute pas de musique. Cela me distraie alors que je dois rester concentré pour écrire. Je sais que c’est le moment d’écrire pour moi.

 

Que ressentez-vous ?

Je le sens physiquement. C’est comme une tempête en moi. Parfois, c’est cérébral. Parfois, c’est viscéral. C’est un mélange de tout cela.

 

 

 

Comment la Grèce, l’Australie et, aujourd’hui, la France nourrissent votre travail ?

Je ne suis pas conscient de cela mais je sais que ces pays ont des influences sur moi. J’adore la Grèce, la musique grecque. Je suis très touché par la culture grecque. Beaucoup de choses m’emportent. Je ne peux pas me couper de cela. Pendant cette phase d’écriture, je suis dans un esprit très grec. Mes années passées en Australie restent en moi. Je travaillais en tant qu’architecte le jour et j’étais musicien la nuit. J’étais plus jeune et je n’avais pas besoin de beaucoup de sommeil. Ce sont les années avec The Stream et nous avions un son proche de celui des années 1970. Cela fait une dizaine d’années que je suis en France. Là, je me consacre à la musique.

 

Pour aller encore plus loin dans votre démarche poétique ?

Oui aller plus loin, creuser. C’est mon travail. Je sais que cela n’est pas donner à tout le monde. Or il faut regarder tout ce qui se passe autour de nous et avoir la foi en notre existence. C’est un vrai choix que j’ai effectué.

 

Le programme de Rush

  • Samedi 28 mai de 14 heures à 2 heures : Eddy Crampes, Eric Chenaux, Bertrand Belin, Nord, Thee Verduns, Arlt, Katerine, The Limiñanas et projection de Old Joy de Kelly Reichardt
  • Dimanche 29 mai de 13 heures à 21 heures : Damien Schultz, Jim Yamouridis, Loya, Eric Copeland, Bertrand Belin, Elg, Helena Hauff, Har Mar Superstar
  • Festival gratuit
  • Lire l’article sur la présentation du festival et sur The Limiñanas, les interviews de Bertrand Belin, de Damien Schultz et de Philippe Katerine.