C’est une réelle performance, musicale et physique. Pendulum Choir, créé par la compagnie suisse Cod.Act, est une œuvre vocale pour neuf chanteurs sanglés à un dispositif mouvant. Programmée par le CDN de Haute-Normandie avec Automne en Normandie, elle est interprétée lundi 1er décembre à l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen

 

photo Xavier Voirol

photo Xavier Voirol

André et Michel Décosterd sont frères et travaillent ensemble depuis 17 ans. Le premier est musicien et compositeur, le second, architecte et plasticien qui invente des machines sonores. Leur passion : la recherche sur les relations entre le mouvement et le son qui les amènent à créer des performances.

 

Pendulum Choir est un surprenante concert qu’André et Michel Décosterd ont imaginé pour des chanteurs. « Nous souhaitions les contraindre physiquement, les installer dans des positions difficiles afin d’entendre des sonorités inattendues. Nous avons travaillé avec des solistes d’opéra et nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait aucune incidence. La voix n’est pas sensible au mouvement », explique André Décosterd.

 

Les deux frères ne sont pas restés sur une déception. André a écrit une partition musicale selon la thématique de la respiration, du souffle. « Nous avions l’idée d’un organe respiratoire qui se dilate, se rétracte. Comme un poumon où chaque chanteur serait une alvéole pulmonaire », indiquer Michel Décosterd.

 

Pendulum Choir est une partition en neuf parties, comme « une suite d’événements ». Tout est écrit : la musique, les sons et les mouvements. Tout commence par des textes écrits de syllabes évoquant des « couleurs », des « impacts expressifs » et se termine avec des poèmes en latin d’Ovide, d’Horace, de Virgile pour évoquer le dernier souffle.

 

Pendulum Choir réunit neuf chanteurs de la Jeune Opéra Compagnie. Tous sont harnachés à une plateforme inclinable qu’André et Michel Décosterd ont conçue. Leur corps est vivement sollicité puisqu’il est basculé à droite, à gauche, en avant, en arrière. Le chœur interprète ainsi une partition polyphonique. Pour la première fois, le concert se déroule dans un tel endroit, l’abbatiale Saint-Ouen, « dans une acoustique généreuse. Nous allons donner la priorité à l’aspect a capella. Il faut vraiment faire ressortir les voix. Ce concert sera différent de ce que nous avons proposé jusqu’à présent ».

 

 

 

 

  • Lundi 1er décembre à 20 heures à l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen. Spectacle complet.