La saison lyrique du Théâtre des Arts à Rouen commence avec La Damnation de Faust d’Hector Berlioz. C’est une nouvelle production de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie, présentée du 4 au 6 octobre, qui a été créée en novembre 2012 à l’Opéra-Théâtre de Limoges.

 

damnationL’histoire de Faust a inspiré de nombreux artistes, écrivains dont Goethe, la référence pour tous les romantiques, et compositeurs, tels que Boito, Busoni, Schubert, Liszt, Dusapin. Hector Berlioz (1803-1869) s’est emparé de cette légende dramatique pour écrire la partition d’un opéra magistral. Peu satisfait des écrits déjà existants, notamment de la traduction de Gérard de Nerval, le compositeur prend la plume pour écrire également le livret. En quatre actes, il raconte ainsi l’histoire de Faust, un mortel qui n’a pas hésité à vendre son âme au diable en échange de la connaissance du sens de la vie et de l’univers. La Damnation de Faust, une pièce fantastique, profonde, colorée, mise en scène par Frédéric Roels, interprétée par 68 musiciens, dirigés par Nicolas Krüger, s’inscrit dans le focus Le Commerce du diable.

 

Le point de vue du directeur musical

La Damnation de Faust a demandé à Hector Berlioz quinze années de travail. Pour Nicolas Krüger, le compositeur a fait dans cette œuvre d’une grande inventivité. « Toute la dramaturgie, toutes les innovations, il les met dans l’orchestre. Les profusions de voix intérieures et petits événements se retrouvent dans l’orchestre. C’est une œuvre passionnante à aborder parce qu’elle comporte une extraordinaire variété d’expressions. On passe de l’émotion la plus intime à la plus démiurgique. Il faut gérer les revirements permanents, donc ne jamais s’installer dans une chose confortable. Berlioz est en quête de nouveau et réinvente tout le temps ».

Au XIXe siècle, l’écriture d’Hector Berlioz se révèle très novatrice. L’explication : « Berlioz n’était pas un pianiste mais un guitariste », remarque Nicolas Kruger. Il est également « un compositeur errant. Il a écrit sur le bord de l’Elbe, dans la rue, lors de promenades à travers l’Allemagne et la Hongrie ».

 

Le point de vue du metteur en scène

Pour Frédéric Roels, Hector Berlioz est « le compositeur français le plus génial de tous les temps. Il a un génie parce qu’il crée à partir de rien. Il invente un langage musical ». La Damnation de Faust est une œuvre que le directeur de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie souhaite mettre en scène depuis plusieurs années. Devant une telle œuvre, « vous êtes face à quelque chose qui fuit, à quelque chose d’instable. Cette quête de Faust devient un monde en perpétuel déséquilibre. Le personnage court après un instant de bonheur que le temps va lui voler ».

Ce temps est un point central dans cet opéra. Frédric Roels l’évoquera à travers l’élément de décor, un astrolabe qui est un plateau tournant et basculant jusqu’à 40°. « Il matérialise une course infinie, une impression de mouvement qui s’arrête et qui repart. C’est emblématique de la vie de Faust ».

Dans cette Damnation de Faust, Frédéric Roels ne se focalise pas seulement sur le duo Faust-Méphistophélès. Il a souhaité donner à Marguerite « un rôle important parce que Marguerite et Faust sont en fait des doubles. Ils font le même parcours ».

Autre point essentiel : la place de la nature qui est, selon le metteur en scène, « le reflet de l’intimité sauvage de l’être humain. Il y a ainsi une transposition de la nature sur le corps humain ». Ce sont les danseurs du Ballet du théâtre-opéra de Limoges qui, avec « leur silhouette pure et asexuée » deviennent la métaphore de la nature.

 

 

Casting

  • Direction musicale : Nicolas Krüger
  • Mise en scène : Frédéric Roels
  • Décors : Bruno de Lavenère
  • Costumes : Lionel Lesire
  • Lumières Laurent Castaingt
  • Chorégraphie : José Besprovasny
  • Faust : Erik Fenton
  • Méphistophélès : Sir Willard White
  • Marguerite : Marie Gautrot
  • Brander Alain Herriau
  • Orchestre de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie
  • Chœur Accentus-Opéra de Rouen/Haute-Normandie
  • Ballett de l’Opéra-Théâtre de Limoges

 

Les + de l’Opéra

  • Conférence : « Berlioz face au diable » jeudi 26 septembre à 19 heures
  • Répétition commentée vendredi 27 septembre
  • Introduction à l’œuvre une heure avant chaque représentation
  • Audiodescription lors de la représentation du 6 octobre

 

Infos pratiques 

  • Vendredi 4 octobre à 20 heures, dimanche 6 octobre à 16 heures, mardi 20 octobre à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen.
  • Tarifs : de 65 à 10 €. Réservations au 02 35 78 74 78 ou sur www.operaderouen.fr

 

Plus d’infos sur www.operaderouen.fr