Ludus Modalis reconstitue un office funéraire au temps de Bach lors de ce concert donné vendredi 7 juin en l’église Saint-Sever à Rouen.

Quels sont les points communs entre Heinrich Schütz et Johann Sebastian Bach, nés avec un siècle d’écart ? Tous deux sont certes des compositeurs. Ils sont surtout, selon Bruno Boterf, chanteur et directeur artistique de l’ensemble Ludus Modalis «  de tradition luthérienne. Schütz est de Dresde et Bach de l’Allemagne du nord. Le premier est ancré dans la Renaissance et a beaucoup voyagé. Quant au second, il a très peu voyagé, seulement à pied et en carriole. Bach a surtout voyagé dans la musique des autres puisqu’il recopiait des partitions à la chandelle. Ce sont également deux maîtres de chapelle qui ont puisé aux sources italiennes et franco-allemandes et écrit des pièces pour des cérémonies funéraires ».

La mort est au cœur des interrogations de l’homme. Les œuvres de Schütz et Bach témoignent de ces questionnements dans une Allemagne meurtrie et de leur foi. Vendredi 7 juin en l’église Saint-Sever, Ludus Modalis interprétera tout d’abord le Musikalische Exequiem de Schütz, composé pour les obsèques du prince Heinrich Posthumus von Reuss. A cette partition, il allie des motets et cantates de Bach. « Avec ces musiques, nous sommes dans la tradition du contrepoint avec des conversations permanentes entre les lignes. Nous sommes encore dans les écritures de la Renaissance. A ce moment-là, la polyphonie est à son apogée », indique Bruno Boterf.

Ces différentes pièces musicales ne sont aucunement austères. Elles s’avèrent « lumineuses, d’une extrême vivacité. Après la misère vécue sur terre, il y a l’espoir d’un au-delà ».

Ce programme créé il y a un mois à Paris fera l’objet d’un enregistrement en live mi-juillet lors du festival Musique et mémoire de Haute-Saône.

 

  • Vendredi 7 juin à 20 heures en l’église Saint-Sever, place Saint-Sever à Rouen. Tarif : 30 €. Réservation au 02 32 98 74 78.