Dans le cadre des Musicales de Normandie, La Rêveuse, un ensemble composé de musiciens solistes,  consacre son répertoire à la musique anglaise du XVIIe siècle avec un compositeur méconnu, Henry Lawes, et un artiste célèbre, Henry Purcell, deux maîtres de l’art du chant. Il accompagne le ténor Jeffrey Thompson.

 

photo Nathaniel Baruch

photo Nathaniel Baruch

« Exige de moi seulement de vivre, et / Je vivrai pour t’idolâtrer ; / Ou exige de moi d’aimer, et je t’offrirai / Un cœur plein d’amour »…  Telles sont les premières paroles de Bid me but live, and I will live, un « Ayre » composé par Henry Lawes sur un poème de Robert Herrick.

 

« Henry Lawes est un compositeur anglais trop peu connu. Pourtant, il a écrit de la belle musique et choisi de beaux textes. Comme il fréquentait les cercles londoniens, il connaissait beaucoup de poètes. C’est un raffinement pour l’oreille et pour l’esprit ».

 

Florence Bolton qui a fondé La Rêveuse avec Benjamin Perrot donne à nouveau à entendre cette musique oubliée. « Henry Lawes est né à une mauvaise période, à un moment très troublé en Angleterre : Charles Ier est décapité et les institutions musicales royales sont fermées. Si plusieurs musiciens fuient l’Angleterre, Lawes reste à Londres et devient maître de musiques dans une grande famille d’aristocrates. Il donne des leçons de musique, des concerts privés. C’est un compositeur très productif » et très actif qui est resté dans l’ombre de son frère, William Lawes, compositeur également, plus audacieux et extravagant. « Ce favori du roi est mort jeune sur un champ de bataille. Il y a donc une espèce d’aura autour de lui ».

 

La Rêveuse a publié en février dernier un cd consacré à Henry Lawes (1595-1662) et joue en concert diverses pièces. L’ensemble, composé de Florence Bolton, dessus et basse de viole, Bertrand Cuiller, clavecin, et Benjamin Perrot, théorbe et luth, interprète vendredi 16 août à Fécamp dans le cadre des Musicales de Normandie des œuvres de ce compositeur du XVIIe siècle, un peintre de la mélancolie. « Les textes évoquent surtout l’amour malheureux, la peine de l’amoureux transi et l’indifférence de la belle. Henry Law a aussi écrit des airs plus joyeux, à danser ».

 

Aux œuvres de Henry Lawes, la Rêveuse a souhaité ajouter celles de Henry Purcell (1659-1695). « On se rend compte que la technique vocale s’est développée. La musique est aussi plus virtuose parce que le niveau technique à cette époque est plus élevé », remarque Florence Bolton.

Ce sont ainsi deux pages musicales d’une Angleterre en pleine révolution que La Rêveuse ouvre avec le ténor Jeffrey Thompson.

 

  • Vendredi 16 août à 20h30 au palais Bénédictine à Fécamp.
  • Tarifs : 15 €, 12 €. Réservation au 09 53 23 27 58.

 

Au théâtre du château d’Eu

La Rêveuse, installée à Orléans, revient en Haute-Normandie la prochaine saison au théâtre du château d’Eu. Elle présente le 6 décembre le Concerto Luminoso, spectacle de lanterne magique et de musique ancienne, le 14 mars ce programme Lawes. Les 2 et 3 juin, elle crée, après une résidence, La Danse de Zadig, avec la compagnie de marionnettes Le Théâtre sans toit, dirigée par Pierre Blaise.