Last Train : « On s’est quand même pris quelques baffes »

par | 11 mars 2020 | Concert

Ils sont jeunes et grandissent ensemble. Ils restent passionnés, pleins d’énergie, d’idées et de projets. Leur indépendance est précieuse. C’est pour cette raison qu’ils sont de fervents adeptes du do it yourself. En quelques dates et titres, les quatre garçons de Last Train, Jean-Noël, chant et guitare, Julien, guitare, Timothée, basse, et Antoine, batterie, se sont fait une jolie place dans le rock français. Leurs concerts ? Intenses et fiévreux. Leur musique ? Brute, nerveuse, aujourd’hui plus mélodieuse. Avec The Big Picture, un deuxième album, sorti en septembre 2019, Last Train garde son cap et vient ajouter de l’élégance, un brin de mélancolie et de sensibilité. Le groupe, d désormais installé à Lyon, sera jeudi 12 mars au 106 à Rouen et vendredi 13 mars au Tetris au Havre. Entretien avec Antoine.

Que retenez-vous de votre première tournée avec ses 300 dates ?

Nous avons rencontré notre public avant de sortir l’album. À 16 ans, on donnait des concerts dans des bars, près de chez nous en Alsace, parce que nous n’avions pas le permis. Quand nous avons su conduire, nous sommes allés plus loin. Avec le premier album, nous avons eu en effet 300 dates. Nous avons terminé cette tournée un peu fatigués mais très fiers. C’est un rythme à prendre mais on aime ça. Cette tournée nous a faits grandir. Ce fut très intense. On a voyagé, croisé beaucoup de gens. On s’est quand même pris quelques baffes. Mais c’est ce qui fait avancer. Aujourd’hui, on a l’impression d’avoir déjà 30 ans.

Vous avez aussi créé un label, un festival…

Quand nous avons voulu commencer à tourner, il a fallu nous intéresser à d’autres types de métiers pour trouver des dates, faire de la promotion, sortir des albums… Le label Cold Frame a grandi avec Last Train. Quant au festival, c’est une idée de Tim. Il avait cela en tête. Lors de notre année off, nous avons organisé La Messe de minuit. La première édition a eu lieu on 2019. Il y en aura une deuxième.

Forts de ces différentes expériences, est-ce que vous avez changé vos méthodes de travail ?

Pour la composition des titres, la méthode reste la même. Jean-Noël arrive avec des idées ou des mélodies et nous travaillons ensuite tous les quatre. Pour le deuxième album, nous avons pris davantage notre temps. Nous avons juste donné dix concerts dans l’année. À force de passer nos journées ensemble, le travail est devenu de plus en plus collectif. Il y a aussi un grand respect les uns envers des autres. Les relations sont saines. Nous nous faisons confiance. On ne stresse pas. On sait que tout va bien se passer parce que nous sommes ensemble et que l’un peut compter sur les autres. De toute façon, on va trouver une solution s’il y a un problème.

Votre deuxième album est plus mélodieux. Est-ce une volonté de départ ?

Le premier album a été enregistré alors que nous avions 20 ans. Deux ans ont été nécessaires parce qu’il nous a fallu comprendre ce travail de studio et que nous tournions beaucoup. Nous étions dans cette énergie rock. Pour ce deuxième album, les choses étaient différentes. Nous avions trois ans de plus, fait une longue tournée. Non seulement nous avions davantage de choses à raconter mais aussi Jean-Noël a plus composé au piano avec des envies de violon et de nouveaux arrangements. Comme je vous le disais, nous avons vraiment pris le temps de réfléchir aux mélodies, aux harmonies. Si le premier album est une photographie de nous sur scène, le deuxième est pensé pour être écouté chez soi.

Aviez-vous plus d’émotions à partager ?

Oui. Au tout début, nous sortions de l’adolescence et on écoutait beaucoup de rock des années 1970. On s’est ouverts à d’autres musiques, à la pop, au hip-hop, au métal. Nous voulions des chansons plus intenses pour arriver à toucher le public. Ce qui est assez drôle est le lien avec le cinéma. Beaucoup mettent des images sur nos titres.

Ce deuxième album, c’est votre Big Picture d’aujourd’hui ?

Oui même si cette chanson est une histoire de cœur. Quand nous la jouons, nous finissons lessivés émotionnellement. Mais c’est aussi un instantané de ce que nous sommes aujourd’hui.

Infos pratiques

  • Jeudi 12 mars à 20 heures au 106 à Rouen. Première partie : Norma Tarifs : de 22,50 à 13,50 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Vendredi 13 mars à 20 heures au Tetris au Havre. Première partie : The Sinners Tarifs : de 22 à 14 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur www.letetris.fr

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