Le festival Rush à Rouen est annulé

par | 7 avril 2020 | A la une, Vie culturelle

Il n’y aura pas d’édition 2020 de Rush. Le festival du 106, prévu du 29 au 31 mai à Rouen, avec Femi Kuti, est annulé.

Cette édition 2020 de Rush était prometteuse. Femi Kuti devait amener sa Positive Force, nom de sa formation, du 29 au 31 mai à Rouen. Le remède idéal après une période de pandémie et de confinement. En chef d’orchestre de l’événement musical, le fils de Fela Kuti devait être accompagné de Tiken Jah Fakoly, Kokoroko, Yin Yin…, Sébastien Tellier, Mc Yallah & Debmaster, Mayra Andrade, Lous and the Yakuza, Mauvais Œil, Art Melody… Une affiche alléchante pour un festival toujours plein de surprises.

L’équipe du 106 a dû trancher et annuler le prochain Rush en raison de la crise sanitaire. « Comme nous avons une programmation très internationale sur cette édition, il aurait été difficile de faire venir les artistes. Des frontières sont fermées et la circulation des personnes est très perturbée. Par ailleurs, l’épidémie se propage aujourd’hui dans les pays d’où viennent les artistes. Nous avons anticipé sur le fait que les rassemblements de plus de 600 personnes par soir, comme à Rush, seraient très probablement interdits. Nous avons attendu le plus possible pour sauver l’événement », explique Jean-Christophe Aplincourt, directeur du 106, quelque peu abattu.

Une nouvelle page blanche

Rush est annulé et ne pourra être reporté. « On peut seulement faire converger tous ces artistes une seule fois. Il n’est pas possible de reproduire cela plus tard ». Autre raison : « nous ne sommes pas qu’un festival et nous avons une grosse activité aux autres périodes de l’année en tant que lieu ». Alors pour Rush, en 2021, l’équipe du 106 « repartira d’une page blanche ».

Annuler un festival reste « une décision pénible ». C’est une première fois pour le directeur du 106 qui a piloté pendant plusieurs saisons le festival du Rock dans tous ses états à Évreux. « Aujourd’hui, chacun est est son propre capitaine dans la tempête. Si nous avions des positions claires de la part de l’État, nous ne serions pas obligés de prendre de telles décisions et d’avoir la responsabilité d’annuler. Il est nécessaire d’avoir une feuille de route. Nous n’avons pas de visibilité totale. Nous attendons les recommandations de l’État en terme de jauge pour les concerts de juin ».

L’équipe du 106 travaille désormais sur la manière de « préserver les personnes qui travaillent sur le festival. Nous examinons nos capacités à faire travailler les intermittents sur d’autres choses. Nous discutons avec les artistes et les producteurs pour trouver des compromis ». Elle a aussi programmé tous les reports des concerts de ces mois de confinement.

Décidément, la saison du 106 a été bien chahutée avec l’incendie de Lubrizol à l’automne et la pandémie au printemps. Jean-Christophe Aplincourt fait alors un constat : « toute cette construction sociale et culturelle fonctionne à certaines conditions sociales et démocratiques. C’est par civisme que nous renonçons à des libertés publiques. La vie culturelle est symptomatique d’une société apaisée, démocratique. Le monde culturel est conscient de son environnement sociétal. Il ne fait pas un travail hors du monde et se montre près des réalités communes ».

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