Le printemps au Rive Gauche

par | 23 mars 2021 | Vie culturelle

C’était un appel intersyndical pour l’ouverture des lieux culturels. Le troisième confinement, décidé par la gouvernement Castex, est venu perturber les rassemblements prévus en Seine-Maritime et dans l’Eure. Raphaëlle Girard, directrice du Rive Gauche, et les élus de la ville de Saint-Étienne-du-Rouvray ont pris la parole le premier jour du printemps devant le théâtre.

Le printemps est inexorable… Lors d’une conférence de presse du gouvernement Castex, Roselyne Bachelot avait cité Pablo Neruda. Une phrase  lancée comme une prise de rendez-vous avec le milieu culturel. Les artistes, les techniciens et techniciennes, les directrices et directeurs des lieux, aussi le public avaient bien pris date. Le premier jour du printemps, ils étaient là, mobilisés dans toute la France, répondant à un appel intersyndical pour l’ouverture des salles et de théâtre et de concerts, des musées, des cinémas…

Tous les rassemblements n’ont pu avoir lieu en Seine-Maritime et dans l’Eure, comme il était prévu, notamment au Tangram, au théâtre Charles-Dullin, au Tetris, en raison de l’annonce du troisième confinement. Avec Joachim Moyse, maire de Saint-Étienne-du-Rouvray, et Édouard Bénard, adjoint en charge de la culture, Raphaëlle Girard, directrice du Rive Gauche a maintenu une prise de parole pour « ne pas se désolidariser du mouvement national » et rappeler tout le caractère essentiel de la culture dans la société, la vie de chacune et de chacun. « Ce n’est pas parce qu’il y a une nouvelle directive que l’on va arrêter de se taire. Nous devons dire notre désaccord. Nous avons porté cette parole et été heureux de le faire ».

Un combat quotidien

Devant Le Rive Gauche, Joachim Moyse a réaffirmé « son soutien à la création, au spectacle vivant, à celles et ceux qui font vivre la culture » et rappelé « son envie forte de retrouver le spectacle vivant. Cela devient une urgence. J’appelle la ministre de la Culture à prendre une décision forte, celle de construire un plan de réouverture des lieux de la culture ». De son côté, Édouard Bénard réclame la prolongation de l’année blanche et dénonce « le mépris avec lequel les artistes sont traités. Combien de créations ne verront jamais le jour ? Combien de personnes seront-elles privées d’éveil ? ». L’adjoint se demande enfin « pourquoi une salle de spectacle serait-elle plus dangereuse qu’une abbaye ? »

La colère et l’incompréhension ne quittent plus la directrice du Rive Gauche. « La culture n’est pas considérée comme un lien social, essentiel, existentiel. Les lieux et les événements culturels ne sont pas des foyers de contamination. Il faut remettre la culture à la place qui lui revient : au cœur de la cité et du débat public ». Raphaëlle Girard garde cependant de l’espoir. « Je ne doute pas que cela va reprendre ». Mais elle s’inquiète des conséquences à long terme pour « ceux qui sont éloignés de la culture et qui s’en éloignent de plus en plus. Nous sommes persuadés qu’il est indispensable de rencontrer une œuvre artistique, d’allumer des étincelles, d’être loin de son quotidien. À la rentrée, il sera peut-être encore plus difficile de faire venir du monde dans nos structures. Ma hantise est d’être dans un entre-soi. Il faudra être vigilant. Tout comme sur les subventions ».

Le combat se poursuit pour l’ouverture des lieux culturels et le soutien aux intermittents. « Je ne cesserais de me battre pour les artistes. Sans eux, la société est inintéressante ».

  • photo : ville de Saint-Étienne-du-Rouvray

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