Terres de Paroles se fait printanier pour sa deuxième édition qui commence ce vendredi 24 mai à Duclair. Pris en étau, l’an passé fin juin et début juillet, entre Viva Cité, Le Rock dans tous ses états et l’ArchéoJazz, le festival prend ses aises à un moment où les salles de spectacles terminent leur saison. Autre changement : Terres de Paroles se montre moins nomade. Une bonne nouvelle pour le public qui a plus facilité pour se dessiner un chemin dans les différentes propositions et aussi la possibilité d’assister à davantage de lectures. Les rencontres se déroulent pendant ces deux week-ends, tout d’abord le long de la vallée de la Seine, entre Duclair, Jumièges et Saint-Pierre-de-Varengeville, à Etretat et à Saint-Philbert, long de la Risle dans l’Eure avec des auteurs et des comédiens talentueux, tels que Marie-Christine Barrault, Fanny Cottençon, Denis Lavant, Denis Podalydès, Laurent Poitrenaux, la compagnie du Chat Foin… A chacun d’écrire son histoire avec Terres de Paroles,  imaginé en neuf parcours différents. Robert Lacombe, directeur du festival, se fait le guide.

Quel est l’objectif des parcours littéraires ?

« Les parcours sont importants parce qu’ils donnent des repères. Ce sont des guides qui permettent de suivre plusieurs lectures selon un autre critère que le nom de l’auteur ou du comédien et d’aller à la découverte de textes que l’on ne connaît pas forcément ».

Est-ce que l’eau est un thème qu’il ne fallait pas oublier cette année ?

« Ce n’est pas qu’il ne fallait pas l’oublier. Cependant, nous avons un partenariat avec Normandie impressionniste. C’est plus une question du choix d’un thème patrimonial qui est plus ou moins lié à une chose régionale. L’an dernier, c’était Flaubert. Cette année, c’est l’eau. Et l’an prochain, ce sera la Première Guerre mondiale. Par ailleurs, l’eau est un thème très souvent abordé dans la littérature classique et aussi dans la littérature contemporaine, comme Les Eaux tumultueuses d’Aharon Appelfeld ».

Le festival aborde également la thématique du couple, de la famille, du sexe et du corps. Ce sont des sujets infinis…

« Ce sont toujours des préoccupations actuelles. L’histoire de l’intime vient après la révolution sexuelle, après un bouleversement des mœurs. Qu’est-ce qu’un couple aujourd’hui ? Qu’est-ce un homme, une femme aujourd’hui ? Il y a une redéfinition des rapports interhumains et intergénérationnels qui sont explorés sous un double angle, sexuel et social ».

Les biographies et autobiographies gardent toujours leur place.

« Nous n’avons pas retenu ce thème par opportunisme. Dans ce choix subjectif, arbitraire, il semblait s’imposer. Il y a des livres importants, comme celui de Claude Pujade-Renaud sur la vie de Saint Augustin, de Philippe Forest. Les auteurs détournent le sens classique de la biographie ».

Vous avez imaginé un parcours sur l’Orient. Est-ce pour coller à l’actualité ?

« Ce sont les écrivains qui ont la volonté d’être dans l’actualité. Nous ne faisons que suivre les soubresauts de cette actualité. Les regards de Hoda Barakat et Khaled Al-Khamissi, des écrivains libanais et égyptien, valent ceux des géopolitiques. Ces auteurs parlent de la vie des individus, de la façon dont s’entrechoquent des destins collectifs et des histoires individuelles. L’intime regarde la grande histoire ».

La deuxième édition de Terres de Paroles comporte pour un parcours pour les enfants. Etait-ce important de ne pas oublier les plus jeunes lecteurs ?

« On verra si c’est important, s’il y a une bonne fréquentation. L’an dernier, ce n’était pas un oubli, seulement un manque de temps. Les lectures s’adressent une tranche d’âge entre 8 et 14 ans. Avant, c’est du conte et ce n’est pas notre travail. Après, les adolescents ne tiennent pas vraiment à assister à des lectures. Nous avons donc ciblé les collégiens ».

Tarif : 5 €. Réservations au 02 32 10 87 07.