photo François Guillement

L’intime est à nouveau au cœur de ce troisième album. Tout comme la douleur et les liens qui se font et se défont. Avec L’Alliance, Liz Cherhal raconte des parcours chaotiques, des tranches de vies tourmentées. La chanteuse, actrice et compositrice les partage sur scène en trio, avec le musicien, Morvan Prat, et un interprète en langue des signes. Elle a voulu un concert en forme de spectacle où la danse tient une place singulière. Liz Cherhal sera mardi 20 novembre à La Traverse à Cléon dans le cadre du festival Chants d’Elles. Entretien.

Est-ce que L’Alliance est une suite à votre deuxième album, Les Survivantes ?

Probablement. C’est la suite de l’histoire, des questionnements. Comment fait-on après un drame ? L’Alliance raconte davantage la reconstruction. Le couple, la parentalité sont des sujets qui m’animent. Je ne peux pas faire autrement que de ne pas en parler. Ce sont ces thèmes qui émergent lors de l’écriture.

Est-ce une écriture douloureuse ?

Non, ce n’est pas douloureux. Pour créer à partir de son vécu, il faut l’avoir digéré. On ne peut pas être dans le vif, dans l’émotion. Il est essentiel de savoir pourquoi on aborde tel sujet. J’ai vécu tout ce que j’écris. Quand on en fait une chanson, il faut se demander ce que l’on veut dire. Comme Volontaire qui porte sur l’IVG. Au départ, je ne savais pas quoi en penser. J’ai compris plus tard ce que j’avais envie d’en dire. C’est beaucoup de réflexion. Alors, je noircis et je noircis des pages.

Y a-t-il eu aussi des recherches pour écrire Sauvage ou Les mots, les bourreaux ?

Ce sont des chansons sur les violences faites aux femmes. J’ai écrit Sauvage en 2016. L’histoire de Jacqueline Sauvage m’a beaucoup interpelée. J’ai lu des articles sur ce fait divers et des récits de vie de femmes battues. Cela a été une véritable matière. Ce fut la même chose lorsque j’ai voulu évoquer l’adoption. J’ai une amie d’origine colombienne. J’ai fait une interview avec elle pour connaître sa vie à l’orphelinat, son adoption. Je menais ce même travail lorsque j’étais étudiante en sociologie.

Est-ce que vous envisagez d’écrire de plus longs formats que la chanson ?

J’aimerais bien. J’anime un blog qui contient des événements de ma vie et qui est aussi le journal de la tournée. Cela reste des petits épisodes. Pour l’instant, j’adore écrire des textes de chanson, raconter les choses que j’ai vécues et faire passer un bon moment.

Sur Les Heures en or, un titre des Survivantes, vous dansiez. Cette fois, la danse est très présente dans le spectacle. Pourquoi ?

Quand il n’y a plus de mots, le corps exprime les choses. J’ai commencé la danse il y a seulement quatre ou cinq ans et j’y prends beaucoup de plaisir. Je me demande encore pourquoi je n’ai pas commencé plus tôt. Ça fait hyper du bien. Je n’ai pas un niveau extra mais je m’en fous. La danse donne une autre dimension plus personnelle aux chansons.

Autre nouveauté : vous êtes accompagnée d’un interprète en langue des signes.

J’apprends cette langue depuis cinq ans. J’avais envie de faire ça. Quand j’ai commencé, je suis entrée en communication avec les personnes malentendantes. Je ne pouvais leur demander de m’accueillir dans leur univers sans que je leur ouvre la porte de mon univers.

 

Infos pratiques

  • Mardi 20 novembre à 20h30 à La Traverse à Cléon.
  • Première partie : Huit Nuits
  • Tarifs : 19 €, 16 €. Pour les étudiants : carte Culture. 
  • Réservation au 02 35 81 25 25 ou sur www.latraverse.org