Des 154 sonnets que Shakespeare a écrits, Pablo Elcoq en a retenus 13. Il les a mis en musique dans ce nouveau spectacle Sons Songs Sonnets. A découvrir vendredi 27 janvier au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux.

 

Pablo Elcoq préfère le calme et la nonchalance de la campagne euroise. « Elle est compatible avec mon horloge interne. Quand je suis en ville, tout va trop vite. A Rouen, ça va. Mais, à Paris, ça commence à être dur ». C’est donc loin du bourdonnement et des éclats de l’activité urbaine que le musicien compose. « J’ai besoin de prendre le temps pour que les idées viennent ».

 

Et les idées s’enchaînent depuis plusieurs années. Pablo Elcoq multiplie les créations, crée des univers musicaux pour des poèmes, des films, des pièces de théâtre. « La musique pure a tendance à m’ennuyer. Je préfère mixer les disciplines parce que le travail est toujours plus riche. Mon choix s’effectue en fonction du metteur en scène. J’aime les écouter. J’aime quand on me parle d’ambiance, d’humeur, de climat pour comprendre le fond de la pièce. Je vois ensuite comment la musique peut se positionner. J’écoute beaucoup et après, je peux commencer à composer ».

 

Au studio

Pablo Elcoq, multi instrumentiste, travaille avec Julie Alainmat, Sarah Bensoussan, surtout avec Le Chat Foin de Yann Dacosta. « Avec lui, chaque pièce est un nouveau défi. Pour chaque création, je repars à zéro. Sur Le Baiser de la femme araignée, c’était une musique sombre. J’ai choisi des reprises sur Une Visite inopportune, Drink me Dream me, je suis parti sur une écriture presque d’opéra. L’Affaire de la rue de Lourcine demandait quelque chose de plus léger ». Pablo Elcoq a écrit des variations autour du Beau Danube bleu dans Les Légendes de la forêt viennoise de Horvath. Une pièce en cours de création dans laquelle il devient comédien. « Je joue le rôle du présentateur de cabaret. C’est un vrai rôle avec du texte. L’interprétation est différente. En concert, on peut se reposer sur la musique, si elle est bien écrite. Donc je commence doucement. Mais j’ai peur du trou. La mémorisation ne se fait pas de la même façon. On ne doit pas utiliser la même partie du cerveau ».

 

Pablo Elcoq a mis en musique des poèmes. Ceux d’Arthur Rimbaud dans Le Do des mots et ceux de Shakespeare dans Sons Songs Sonnets qu’il présente vendredi 27 janvier au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Pour le compositeur, la poésie, c’est de la musique. Il a imaginé un univers sonore et visuel aux textes du dramaturge anglais qui parle d’absence, de passion, de brûlures…

 

Entre la scène et son studio, Pablo Elcoq a vite choisi. « Je me suis toujours senti plus créateur qu’interprète ». Il compose, invente des instruments. « Je suis en train de fabriquer des instruments à vent pour mes futures musiques. Ce qui est intéressant, c’est la possibilité de concevoir un instrument pour obtenir le son recherché ». A chaque création, Pablo Elcoq installe des atmosphères mystérieuses, poétiques, décalées et sauvages.

 

 

 

  • Vendredi 27 janvier à 20h30 au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 18 à 6 €. Réservation au 02 35 97 25 41 ou sur www.lrv-saintvaleryencaux.com