Madame Bovary s’appelle Aïcha

par | 7 octobre 2021 | Flaubert, TdP 2021, Théâtre

Après les tweets, un geste théâtral… Le Groupe Chiendent et les jeunes de l’ASPIC poursuivent l’aventure de Bowary, une réécriture de Madame Bovary de Flaubert, avec #Bowary, présenté vendredi 8 octobre au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray pendant Terres de paroles.

Emma Bovary ? Les jeunes de l’ASPIC de Saint-Étienne-du-Rouvray ignoraient tout de ce personnage du roman de Gustave Flaubert. Ils ont appris à la connaître avec le Groupe Chiendent. Si certaines imaginaient « une femme gentille mais moche dans une maison moche menant une vie moche », d’autres la qualifiaient de « mélancolique, triste, dépressive, versatile, égoïste ». Au fil du travail avec Nadège Cathelineau et Julien Frégé, les propos sont devenus plus nuancés.

Cette aventure artistique entre les jeunes de l’ASPIC et le Groupe Chiendent se termine vendredi 8 octobre au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. Mohammed, Lamyae, Lætitia, Massilia, Omayma, Zafira, Zeineb, Meryame, Ikram et Latifa seront sur la scène du théâtre pour la représentation de #Bowary. Une première pour ce garçon et ces filles de 10, « bientôt 11 », à 26 ans.

Comme un fantôme

Tout a commencé par le projet de Baraques Walden : la réécriture de Madame Bovary en 280 tweets par dix autrices et auteurs. Les onzièmes sont les deux groupes qui se sont emparés en toute liberté de Madame Bovary, rebaptisée Aïcha. Pour écrire ce spectacle, ils ont passé ensemble une semaine à la campagne, des week-ends et des mercredis. « C’était intéressant d’avoir accès à ces personnages complexes. Le roman a été un prétexte pour évoquer plusieurs sujets », indique Julien Frégé. Des jours pour parler de la femme, de ses droits, sa place et de sa condition, entendre le brame du cerf dans la forêt, se recueillir dans un cimetière et écrire une vie à Madame Bovary. 

« Ella a toujours été là. C’est comme si un fantôme était venu. Madame Bovary est un membre du groupe. Elle a même transpiré sur les temps informels. C’est tout le pouvoir de la fiction. Elle occupe notre réalité », remarque Nadège Cathelineau. Ensemble, ils ont imaginé une réponse à une lettre de Rodolphe, des aveux à Charles, une scène de déchirement amoureux. Ils rendent aussi hommage avec la première sourate du Coran à cette femme qui « avait beaucoup de rêves et n’a pu les réaliser ».

Infos pratiques

  • Vendredi 8 octobre au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray
  • À 19 heures : rencontre avec les autrices et les auteurs de Bowary
  • À 20h30 : performance des jeunes de l’Association stéphanaise de prévention individuelle et collective
  • Soirée gratuite
  • Réservation au 02 32 91 94 94 ou sur www.lerivegauche76.fr

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