C’est un nouveau chapitre de l’histoire de Mister Moonlight qui commence à s’écrire. Après une reformation, le groupe rouennais sera en concert vendredi 20 septembre au 106 à Rouen avec un nouvel album, The Basement Tapes.

L’envie a toujours été là. « Ça me titillait », confie Yves Durieu. Pour que Mister Moonlight se retrouve, il fallait laisser courir le temps. Surtout celui « du deuil. Laurent (Pardo, décédé brutalement en novembre 2016) n’a pas été le seul bassiste mais il a été le plus important. Cette disparition a porté comme un coup final au groupe ».

L’histoire de Mister Moonlight a commencé en 1986. « C’est la rencontre qui fait qu’un groupe existe ». José Butez et Yves Durieu, les deux piliers, se connaissent depuis plus années. « Il y a eu quelques amorces auparavant. Nous avons évolué ensemble ». Le premier préfère « le rockabilly », le second se considère comme « un enfant du métal ». Leur envie commune : « faire du rock’n roll. La période était enthousiasmante. C’est le début des radios libres. De nombreux fanzines étaient publiés. Les bars s’ouvraient. Il y avait la fête de la musique. Tout cela a donné un coup de boost ».

L’outsider

Comme tous les groupes, les premiers pas se font dans les bars avec des reprises. La suite : une fête de la musique à Bordeaux change le cours de la vie de Mister Moonlight. « Pour nous, il était important de partir de Rouen, de tester un autre public. Nous avions envie de nous émanciper et de vivre une aventure ailleurs. Il ne faut oublier qu’en 1985, il y a eu la fondation des Dogs. Nous avions une place d’outsiders ». À Bordeaux, les Rouennais croisent Kid Pharaon et Philippe Labeyrie du label Fumanchu qui les épaulent dans l’enregistrement de Pretty in black. « Le disque est sorti en même temps que celui de Kid Pharaon qui nous avait produit. Cela nous a beaucoup aidé. Nous avons profité de l’engouement ». Mister Moonlight se produit alors dans les festivals, font les premières parties des Fleshtones, des Roadrunners, de Noir Désir et fait partie des groupes phares de l’époque.

« On prenait tout ce qui trainait. Nous avons donné jusqu’à 80 concerts par an. Et ce, dans toutes les conditions possibles. Au départ, on travaillait tous. On répétait deux à trois par semaine et on tournait pendant les vacances. À un moment, il a fallu faire un choix et on ne connaissait pas l’intermittence ».

José Butez

4 nouveaux titres

En 1992, le rythme des concerts ralentit. « Nous n’étions plus à la mode et nous composions de moins en moins », se souvient le chanteur. Première pause de Mister Moonlight qui se reformera deux plus tard pour un concert au Rock’n roll Circus. En 2003, les trois piliers du groupe fondent le collectif Moonlight pour créer un spectacle sur la Factory d’Andy Warhol et revisite le répertoire du Velvet Underground. Nouvelle pause. Pendant ce temps, chacun multiplie des projets en solo ou en collectif.

Mister Moonlight fête les 30 ans de la sortie du premier album vendredi 20 septembre, après une résidence à l’ECFM à Canteleu, au 106 à Rouen. « C’est un peu inespéré de venir dans cette salle ». Pour Yves Durieu, il y a « de l’appréhension ». Chez José Butez, il y a plutôt « une envie d’en croquer ». Un anniversaire mais pas seulement. Mister Moonlight fera découvrir quatre nouveaux titres, composés il y a quelques années et mixés par Dominique Lafontaine. « Nous avons voulu la couleur et les arrangements de Mister Moonlight. On a ajouté un côté un peu plus funky ». Quatre nouvelles chansons qui figurent sur un nouvel album, The Basement Tapes. Mister Moonlight tient à profiter de cette « nouvelle dynamique » pour relancer le groupe. « Il suffit de rallumer les bonnes machines ».

Infos pratiques

  • Vendredi 20 septembre à 20 heures au 106 à Rouen. 
  • Première partie : Gogo Juice
  • Tarifs : de 16,50 à 4 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com