C’est un rendez-vous matinal. Comme sait très bien les organiser le Festival de musique ancienne à Arques-la-Bataille qui se déroule jusqu’au samedi 24 août. Pour cette seizième édition, Jean-Paul Combet, directeur artistique, a souhaité revenir sur les évolutions respectives des musiques sacrées catholique et protestante à l’aube du XVIIe siècle lors d’un cycle Réforme et Contre-Réforme.

 

Lors des éditions précédentes, le Festival de musique ancienne programmait chaque matin un cycle d’orgue. Changement de programme cette année avec un rendez-vous thématique. Le Festival de musique ancienne à Arques-la-Bataille revient sur les « relations d’attractions et de répulsions entre la Réforme et la Contre-Réforme à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle », selon Jean-Paul Combet.

A partir de mercredi 21 août, Benjamin Alard, fidèle au festival, Marc Meisel, orgue et clavecin, et l’ensemble Bergamasque, dirigé par Marine Fribourg, racontent la rupture au sein du monde chrétien. Avec le mouvement de La Réforme lancé par Luther, il y a eu des conséquences au niveau religieux et aussi musical.

Avec Luther, la musique doit être supprimée lors des offices. « Elle est un symbole qu’il rejette. La musique catholique est le plus souvent de la musique d’orgue puisque papale. Quelques années plus tard, il revient sur ce principe. Il n’écarte plus la musique mais l’intègre complètement », explique Jean-Paul Combet.

Il reste cependant une grande différence entre les musiques catholique et protestante. La première, le plain-chant, est trop compliquée et exclut les fidèles qui ne peuvent chanter. Avec Luther, tout le monde doit participer et comprendre. Pour cela, la musique doit être plus simple et les textes en allemand. L’orgue retrouve alors sa place. Chez les Catholiques, il est nécessaire de prendre des mesures face à ce « succès ». Le Concile de Trente impose alors une nouvelle manière de chanter. Il y aura ensuite des échanges entre les musiciens. Les Catholiques vont souhaiter amener dans leurs œuvres toute l’énergie contenue dans la musique protestante. « Schütz, musicien protestant, va s’inspirer de la musique italienne. Il est fasciné par le style catholique vénitien. L’influence est indéniable », explique Jean-Paul Combet.

Entre Catholiques et Protestants, il y avait une volonté profonde de marquer une frontière. Sur le plan musical, elle a été poreuse. Les musiciens n’ont cessé de puiser dans les répertoires existants. Le cycle Réforme et Contre-Réforme laisse percevoir toutes les couleurs de cette musique.

 

Mercredi 21 août

  • 9h30 au presbytère d’Arques-la-Bataille : conférence : Réforme et Contre-Réforme : les implications artistiques par Jean-Paul Combert, directeur artistique du Festival de musique ancienne
  • 11 heures en l’église d’Arques-la-Bataille : Le Plain-chant, source de la musique catholique. Benjamin Alard, Marc Meisel, orgue et clavecin, William Dongois, cornet, et l’ensemble vocal Bergamasque interprètent des œuvres de Frescobaldi.

 

Jeudi 22 août

  • 11 heures en l’église d’Arques-la-Bataille : Un nouveau chant, le cantique luthérien. Benjamin Alard, Marc Meisel, orgue et clavecin, Katharina Baüml, hautbois, et l’ensemble vocal Bergamasque interprètent des œuvres de Praetorius, Scheidt, Scheidemann, Pieterszoon.

 

Vendredi 23 août

  • 11 heures en l’église d’Arques-la-Bataille : Il Nuovo stilo, instrument de la Réforme. Benjamin Alard, Marc Meisel, orgue et clavecin, la formation Capella de la Torre et l’ensemble vocal Bergamasque interprètent des œuvres de Gabrieli, Frescobaldi, Bonelli, Luzzaschi, Merula et Monteverdi.

 

Samedi 24 août

  • 11 heures en l’église d’Arques-la-Bataille : L’Allemagne prébaroque, entre luthéranisme et italianité. Benjamin Alard, Marc Meisel, orgue et clavecin, et l’ensemble vocal Bergamasque interprètent des œuvres de Weckmann, Schein, Schütz et Buxtehude.

 

Concerts gratuits