Graceland, résidence d'Elvis Presley photo Philippe Brossat

Graceland, résidence d’Elvis Presley
photo Philippe Brossat

C’est un passionné. Un véritable passionné de rock qui a parcouru les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Italie, l’Allemagne pour visiter les lieux mythiques de l’histoire du rock. Tel un pèlerin, Philippe Brossat a suivi le chemin de ses idoles, allant d’un studio d’enregistrement au site d’un festival. Les images de ce périple sont réunies dans un premier livre, Places I remember, les lieux du rock 1954-1980, où Philippe Brossat raconte quelques anecdotes. Il vient mercredi 11 juin au 106 pour partager toutes les émotions ressenties lors de ses différents voyages. C’est la dernière conférence de Mythomania.

 

Pourquoi avez-vous choisi cet intervalle temporel, 1954-1980 ?

Je suis né en 1954, en même temps que le rock. 1980 correspond à l’année de l’assassinat de John Lennon à New York. Il y aura deux tomes de Places I remember. Un seul aurait été trop lourd. 1954-1980 sont les trois décennies les plus importantes de l’histoire du rock. Il s’est déroulé un maximum de faits fondamentaux pendant ces années.

 

D’où vient l’idée de ce livre ?

Je suis publicitaire. Je n’ai pas de passé d’écrivain et je n’ai pas d’ambition littéraire. Je joue un peu de la guitare mais je ne suis pas très bon. J’ai profité de mes vacances pour parcourir le monde entier et découvrir les endroits mythiques du rock. J’ai une passion pour le rock depuis mon adolescence. Je ne sais pas pourquoi. Souvent, ce genre de passion passe vers 25 ans lorsque l’on a une vie plus rangée. Pour moi, cela s’est amplifié. Quand j’ai commencé à gagner de l’argent, j’ai acheté des disques, je suis allé au concert et j’ai voyagé. J’ai aujourd’hui 60 ans et je suis toujours aussi passionné. J’écoute tout ce qui sort et je lis beaucoup.

 

Aimez-vous le rock pour la musique ou pour les valeurs qu’il véhicule ?

Les deux. La musique me transporte. Elle est puissante. Je suis quelqu’un plutôt classique mais j’adore le style de vie de ces héros.

 

Quand avez-vous commencé à écrire ?

L’écriture est venue progressivement. Je manquais de temps. Peut-être y avait-il aussi un peu de paresse. Je me suis demandé comment je pouvais raconter tout cela. J’ai écrit sous forme de chroniques. Comme un guide touristique.

 

Vous souvenez-vous du premier titre que vous avez entendu ?

Mes sœurs écoutaient beaucoup les Beach Boys. J’ai commencé avec ce genre de musique. Mon premier disque acheté a été I Was Made To Love Her de Stevie Wonder. J’écoutais la musique avec mon transistor, jusque tard dans la nuit. J’enregistrais sur des cassettes.

 

Que ressentez-vous lorsque vous arrivez sur un de ces lieux mythiques ?

Je ressens beaucoup d’émotion. Je suis allé à Harlem à New York à l’Apollo Theater, la salle la plus célèbre de la musique soul où s’est produit James Brown. J’ai pu monter sur la scène qui est restée en l’état. J’étais très ému d’être là, sur cette scène.

 

Quels sont les lieux qui vous ont procuré le plus d’émotion ?

Je suis allé sur le site du festival de Woodstock. J’étais tout seul. Il y avait un vent glacial. J’étais à nouveau très ému. Les lieux qui me touchent beaucoup restent les studios d’enregistrement. C’est dans ces endroits où été conçus les disques qui ont bercé ma vie.

 

Comment parvenez-vous à entrer dans ces lieux ?

Souvent j’y vais au culot. Je pleurniche un peu. Je raconte que je suis français, que j’ai fait le voyage pour venir voir ce lieu… A un moment, les gens finissent par avoir pitié et me laissent entrer. Comme aux Olympic Studios où je me suis retrouvé seul à un moment. Mais j’ai eu un problème avec mon appareil et je n’ai rien réussi à photographier.

 

Quel est votre prochain voyage ?

Ce sera Seattle. Je voudrais aller sur les traces de Nirvana et la musique grunge.