Normandie impressionniste : 11 événements à retenir

par | 22 janvier 2020 | Vie culturelle

C’est au musée d’Orsay à Paris qu’ont été dévoilés mardi 21 janvier les rendez-vous du festival Normandie impressionniste. Cette quatrième édition en compte pas moins de 500 entre le 3 avril et le 6 septembre. Voilà quelques incontournables.

Les Nuits électriques au MuMa au Havre

Pour cette nouvelle exposition, Annette Haudiquet, directrice du musée, a « pris la thématique au pied de la lettre ». Qu’en est-il de la couleur la nuit ? « Il y a un changement radical au début du XIXe siècle avec l’apparition du réverbère et l’éclairage artificiel, au gaz, puis électrique. Cet éclairage n’est pas linéaire. La traversée de la ville la nuit n’est en rien uniforme ». Nuits électriques réunit 150 œuvres, peintures, aquarelles, photographies, gravures de Monet, Pissaro, Steinlen, Jansson, Grimshaw, Penkiewicz…

Les Villes ardentes au musée des Beaux-Arts à Caen

C’est l’histoire sociale qui est racontée dans Les Villes ardentes, art, travail, révolte. 1870-1914. « Au-delà des paysages industrielles, se cachait une mélancolie avec des petites scènes du quotidien, les activités professionnelles dans les rues… C’est le peuple qui va, être et rentre du travail, qui manifeste et fait grève. L’artiste se fait témoin de cette vie. Ce qui interroge sa place dans la cité ». Emmanuelle Delapierre, directrice du musée des Beaux-Arts à Caen, propose une centaine d’œuvres à côté d’un focus sur Fernand Léger.

François Depeaux au musée des Beaux-Arts à Rouen

Le musée des Beaux-Arts à Rouen consacre une exposition à François Depeaux, l’homme aux 600 tableaux. Cet industriel rouennais (1853-1920) qui a déposé de nombreux brevets a accompagné le travail des artistes de son époque. Sa collection avec des toiles de Monet, Sisley Renoir, Pissaro, Toulouse-Lautrec a été dispersée lors de ventes privées. Avant cela, François Depeaux fait don de 53 tableaux à sa ville. Autres figures : Léon-Jules Lemaître, peintre rouennais, Antonin Personnaz, photographe, auront leur place au musée des Beaux-Arts à Rouen.

Plein Air, de Corot à Monet au musée des impressionnismes à Giverny

Rendez-vous en Plein Air, de Corot à Monet au musée des impressionnismes à Giverny. C’est une histoire de la peinture qui est relatée dans ce parcours. « Elle a été préparée pendant tout le XIXe siècle. Comment les artistes sont sortis de leur atelier et ont eu une nouvelle approche du paysage ? L’invention du tube de peinture a été par exemple importante pour eux », note le directeur, Cyrille Sciama, directeur. Le musée revient aussi sur la collection Terra et l’art du paysage dans L’Atelier de la nature, 1860-1910.

Éva Gonzalès au musée à Dieppe

Chez les peintres impressionnistes, on compte très peu de femmes. Le musée à Dieppe présente une première rétrospective dédiée à Éva Gonzalès (1850-1883), « une femme originale », selon Pierre Ickowicz, directeur du musée. Elle a été l’élève d’Édouard Manet et l’épouse de Henri Guérard. L’exposition revient sur sa vie, son rôle de modèle, ses portraits et aussi sur cette communauté formée avec son maître, son mari et sa sœur, Jeanne.

La Photographie à l’épreuve de l’abstraction au Frac Normandie Rouen

Des photographes contemporains comme James Welling, Catherine Opie, Michel Campeau, Barbara Kasten, Paul Graham, Stan Douglas… ont mené plusieurs approches pour sonder les implications de l’abstractions dans leur art. « L’avènement des nouvelles technologies a permis des expériences passionnantes et des projets ambitieux », rappelle Véronique Souben, directrice du Frac. Cette exposition interrogera la fin de l’argentique, les surfaces et les volumes, les jeux de matières et le travail de l’abstraction en photographie.

Flora Moscovici à l’Académie à Maromme

Au Shed à Notre-Dame-de-Bondeville, Bruno Peinado promet Le Spectacle d’un feu, une installation monumentale à découvrir « comme un jardin aux sentiers qui bifurquent » pour questionner « l’impertinence de la lumière ». L’Académie à Maromme accueillera Flora Moscovici pour une carte blanche. Un moment durant lequel elle va s’intéresser « à l’architecture, aux matériaux, aux couleurs, à la lumière, à l’histoire du lieu et à son environnement ». 

Benjamin Deroche à Jumièges

À l’abbaye de Jumièges, Benjamin Deroche vient interroger le mythe du Loup vert tout en s’imprégnant des ambiances du lieu. La Lumière du loup est un conte photographique où apparaissent des installations plastiques et des lumières étranges. À Jumièges encore, Bérénice Angremy et Victoria Jonathan ont réuni le travail de quinze artistes chinois sur la couleurs. Quant à Jean-Baptiqste Leroux, il va réaliser un tableau géant avec 350 000 bulbes de fleurs dans les jardins de l’abbaye de Saint-Martin-de-Boscherville. 

Félicie d’Estienne d’Orves à Caen

Autant intéressée par la sculpture, la philosophie, les sciences et la technologie, « Félicie d’Estienne d’Orves collabore avec des chercheurs. Elle travaille sur la lumière, la couleur. C’est une artiste qui se réclame de l’impressionnisme et s’inspire du mandala ». Interstice lui donne carte blanche à l’église Saint-Nicolas à Caen pour interroger notre regard.

L’Abrégé des Merveilles de Marco Polo à l’Opéra de Rouen Normandie

L’Abrégé des Merveilles de Marco Polo est un opéra d’Arthur Lavandier pour des voix d’enfants. Au cœur de cette création : le voyage et l’absence. C’est Françoise Pétrovitch qui signe l’œuvre monumentale de 12 mètres de long qui sera déroulée durant le spectacle. L’orchestre de l’Opèra de Rouen Normandie, dirigé par Maxime Pascal, accompagnera la Maîtrise du conservatoire de Rouen les 26 et 27 mai.

Waveparty au 106 à Rouen

Emmanuelle Vo-Dinh, directrice du centre chorégraphique national au Havre, promet une transe lors de cette Waveparty qui se déroulera samedi 16 mai au 106 à Rouen. « Ce sera une performance participative avec dix danses et dix états de corps ». Le rendez-vous est donné à 15 heures pour apprendre les différentes chorégraphies et se poursuit avec French 79, le projet solo et electro de Simon Henner.

Un 10e anniversaire pour Normandie Impressionniste

Pour cette Normandie impressionniste 2020, pas moins de 500 rendez-vous dans 200 lieux différents, surtout concentrés le long de la Seine et des côtes de la Manche. « Ce sera une mobilisation gigantesque de la Normandie », estime Hervé Morin, président de la Région Normandie. La 4e édition de Normandie impressionniste marque les 10 ans du festival. Des chiffres « importants » selon Yvon Robert, maire de Rouen et président de la Métropole : « c’est une façon de l’inscrire dans la pérennité ». 

Ce nouveau festival, présenté mardi 21 janvier au musée d’Orsay à Paris révèle aussi un nouveau positionnement de l’événement. Une volonté des collectivités normandes qui ont souhaité lui donner une dimension « internationale ». Pour Catherine Morin-Desailly, sénatrice et présidente de la commission Culture, Tourisme et Attractivité du territoire, « il faut se projeter dans un événement qui doit donner à l’impressionnisme toute sa modernité. Le festival n’est pas un regard sur les collections du passé mais sur le futur ». Même remarque de la part d’Erik Orsenna, membre de l’Académie française et président du conseil scientifique et artistique de Normandie impressionniste : « Le patrimoine n’est pas une rente mais une source ».

Un thème : la couleur au jour le jour

Le festival veut se renouveler pour défaire cette image vieillotte accolée à l’impressionnisme. Erik Orsenna en est le premier défenseur. À celles et ceux qui pensent que « les impressionnistes nous auraient tout dit », l’écrivain répond : « ce n’est pas vrai ». La thématique choisie pour cette 4e édition en est le premier signe. La couleur au jour le jour « permet de reconsidérer le mouvement et démontre qu’il ne se limite pas à la représentation du paysage. Il est même le témoin de son temps », explique Philippe Piguet, commissaire général de Normandie impressionniste. Au XIXe siècle, les peintres sortent en effet de leur atelier pour s’intéresser au quotidien des populations, aux bouleversements dus à la révolution industrielle.

Quant à la couleur, « les impressionnistes l’ont libérée des contraintes du sujet. Ils s’éloignent des canons esthétiques. L’intérêt : tout cela est davantage une question d’énergie que de contenu » qui conduira vers des propositions plus abstraites. Ce thème, la couleur au jour le jour, se déclinera du 3 avril au 6 septembre dans une programmation pluridisciplinaire dans laquelle se mélangent les peintures plus classiques et les créations contemporaines.

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