Opéra à Rouen : « La Bohème » plutôt classique

par | 6 juin 2017 | Opéra

La Bohème est un drame. Présentée jusqu’au 12 juin à l’Opéra de Rouen Normandie, l’oeuvre de Giacomo Puccini reste un tube lyrique transposé dans les années 1960 par Laurent Laffargue. Un spectacle quelque peu timide.

Ils sont quatre : Rodolfo, le poète, Marcello, le peintre, Schaunard, le musicien, Colline, le philosophe. Ils sont artistes, veulent le rester et profiter de la vie. Surtout de ses joies. Même s’il faut vivre dans une grenier peu chauffé, voler pour manger, jouer la comédie pour ne pas payer le loyer. Pour cette bande de garçons, c’est la vie de bohème.

La Bohème, titre d’une oeuvre très connue composée par Giacomo Puccini et créée le 1er février 1896 au Teatro Regio de Turin, raconte l’histoire de ses quatre amis, trop sages dans la mise en scène de Laurent Laffargue. L’homme de théâtre certes apporte une réelle modernité à cette pièce, avec une transposition dans la fin des années 1960, mais n’a pas voulu bousculer les adeptes de la tradition. Juste avant les événements de mai 1968, à un moment où les plus jeunes étaient en rupture avec la génération de leurs parents, il manque beaucoup d’insouciance, de folie, d’envie, d’un esprit libertaire à ces personnages. Seul Mikhael Piccone (Schaunard) a insufflé un vent de fraicheur dans son jeu. Trop classique aussi la soirée dans l’antre de Momus : on danse peu, on s’amuse gentillement. Il n’y a pas cette « effervescence des jeunes » que promettait Clovis Bonnaud, assistant à la mise en scène.

Deux couples en miroir

La Bohème de Puccini met en miroir deux couples. Le premier, Musette (Olivia Doray) et Marcello (William Berger), plus extraverti, ne cesse de se chamailler. La jeune femme, pétillante, en fait voir de mille couleurs à son amant. Tous deux passent de crises de jalousie à des scènes joyeuses de réconciliations. A côté d’eux, il y a Mimi, la jolie brodeuse, et Rodolfo. C’est le coup de foudre au premier acte. Entre ces deux-là, il y a beaucoup d’amour et de tendresse. Au fil de la pièce, la gaité laissera place à la douleur puisque Mimi (Anna Patalong empreinte de douceur), atteinte de phtisie, est condamnée et meurt dans les bras de Rodolfo (bouleversant Alessandro Liberatore).

Il n’y a pas de grande intrigue dans La Bohème de Puccini, dont le livret est inspiré de Scènes de vie de bohème de Henry Murger mais beaucoup de romantisme dans les parties musicales délicieuses.

  • Mardi 6, jeudi 8, samedi 10 et lundi 12 juin à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 68 à 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr

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