Le plateau sera très féminin jeudi 8 février au 106 à Rouen lors de cette nouvelle Nuit de l’Alligator. Au programme de ce concert : Jen Cloher, Mr Airplane Man et Parlor Snakes. Le groupe parisien, formé après la rencontre entre une chanteuse charismatique, Eugénie Alqueraz, et un guitariste ténébreux, Peter Kay, évolue dans un rock garage explosif. Dans cette musique brute, il y a de l’urgence, des tensions. Parlor Snakes vient d’enregistrer son troisième album qui devrait sortir à l’automne 2018. Entretien avec Eugénie Alqueraz.

Vous jouez dans le cadre des Nuits de l’Alligator. Quel regard portez-vous sur ce festival nomade ?

C’est un festival que j’affectionne tout particulièrement. J’y suis allée en tant que spectatrice lors des deux dernières éditions. J’aime beaucoup le fait de mettre en avant des groupes peu visibles. Des groupes qui viennent du monde du rock, du blues, du garage. C’est un beau moyen de découvrir des artistes et de se nourrir différemment de ce ce que l’on peut en général pendant les festivals. Je suis aussi très contente de faire partie de ce plateau qui réunit des filles. Ce n’est pas souvent que l’on peut voir autant de filles sur scène.

Un troisième album est enregistré. Quelles sont les différences avec le précédent ?

Le deuxième album avait été enregistré à New York en analogique. C’était un projet particulier. Nous avions eu le désir de travailler à l’ancienne, dans l’urgence. Pour celui-ci, nous avons fait les choses différemment. Nous avons tout d’abord voulu prendre notre temps. Nous avons ensuite enregistré tout ces titres dans un grand studio. Je pense que c’est un album beaucoup plus noir, et plus sombre que le précédent parce que l’année a été chargée en plein d’événements. Mais the show must go on…

 

Est-ce l’actualité qui marqué ce troisième album ?

L’actualité, oui, c’est sûr et aussi la vie du groupe qui est toujours inspirante. Nous avons beaucoup tourné, vécu de nombreuses expériences. Cela a forcément nourri l’écriture. Pendant une tournée, nous sommes confinés dans un espace. On passe du van, à l’hôtel, à la scène… Ce n’est pas une vie très saine. Elle est plutôt tourmentée. D’où le besoin de se ressourcer ailleurs. Cet album est également très inspiré par les éléments, la nature, surtout la destruction de la nature qui a une incidence sur nos vies. Nous avons vu beaucoup la Bretagne parce que nous avons donné pas mal de concerts là-bas. Nous avons vu d’autres villes et nous nous sommes rendu compte de la manière comment elles étaient impactées par nos vies, nos comportements. Dans cet album, il n’y a pas que cela. On parle d’amour, de sexe, de colère, de cette connexion au monde.

D’où vient ce regard plus noir sur la vie ?

Nous avons grandi, vieilli. La vie est est plus dure. Elle est plus excitante mais plus difficile. Ce n’est pas pour cela que je suis complètement pessimiste. Pas du tout. Ce n’est pas dans ma nature. Je suis très enthousiaste. J’ai une vision optimiste des choses mais nous sommes confrontés à une réalité. On devient moins naïf et moins candide.

Est-ce que ce concert au 106 est l’occasion de faire découvrir les nouveaux titres ?

Oui parce que cela nourrit les concerts. C’est trop lassant de proposer un même set. Il faut toujours injecter des tripes, du sang neuf, prendre des risques, tester de nouvelles chansons. On ne doit jamais s’arrêter. Avec Peter, la création ne s’arrête jamais. On se retrouve toujours pour écrire. Même pendant les tournées. A Rouen, nous ouvrons le concert. J’aime bien ça. Il va falloir y aller, être bon et chaud tout de suite.

  • Jeudi 8 février à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 16 à 4 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com