Paul Lay : « Je me suis beaucoup pris la tête pour rendre hommage à Beethoven de manière juste »

par | 24 août 2020 | Concert

Pour fêter le 250e anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven (1770-1825), Paul Lay improvise au piano à partir de différents thèmes du compositeur allemand, tels que des extraits de la sonate au Clair de lune et de la Symphonie n°7. Musicien de jazz aux multiples récompenses, il relève là un véritable défi d’apporter de nouvelles couleurs à la musique de Beethoven. Paul Lay sera vendredi 28 août à L’Astrolabe à Petit-Quevilly pendant les Musicales de Normandie. Entretien.

Est-ce le 250e anniversaire qui a inspiré le programme de ce concert ?

J’ai créé ce programme il y a six mois à la Folle Journée de Nantes. J’avais une carte blanche pour relire quelques pages du catalogue de Beethoven qui pouvaient m’inspirer afin de colorer d’une nouvelle manière ses mélodies. Beethoven est un grand maître du rythme et de la forme. Mon souhait a été de proposer un long format en enchainant certaines mélodies.

Comment avez-vous travaillé pour créer ce programme musical ?

Dans un premier temps, j’ai eu quelques difficultés à trouver l’axe et la manière de m’approprier le répertoire de Beethoven. Cette musique a été écrite il y a plus de deux cents ans. L’environnement harmonique était complètement différent. Je me suis beaucoup pris la tête pour rendre hommage à Beethoven de manière juste. Il a fallu trouver un souffle, un style, en fait, un terrain de jeu. Et ce, sans rien abîmer. Je me suis alors appuyé sur la forme des mélodies afin de pouvoir travailler dans plusieurs directions. À chaque concert, je me laisse libre de chercher la direction dans laquelle je veux aller.

Est-ce que Beethoven est un compositeur qui vous accompagne régulièrement dans votre travail ou dans votre vie ?

Quand j’étais adolescent, j’étais au conservatoire de Toulouse où j’ai étudié plusieurs sonates. Enfant, j’avais déjà joué quelques pièces plus courtes mais je n’en ai pas vraiment de souvenir. À 14-15 ans, j’ai travaillé deux sonates qui m’ont ouvert de nouveaux horizons. J’ai été frappé par la manière dont Beethoven construit un mouvement. À partir d’un thème, il est capable d’écrire une pièce entière. J’ai pu faire un parallèle avec le jazz. C’est vraiment ce que l’on apprend avec cette musique. L’improvisation, ce n’est pas n’importe quoi. Il y a tout d’abord une idée et on la développe. On la fait évoluer. C’est très inspirant. 

Beethoven était-il un grand improvisateur ?

Oui. Vu la construction des pièces, il avait le souci de l’architecture. C’est ce qui fait que l’on retient ses pièces, ses mélodies. Il savait les colorer différemment.

Quel est votre fil rouge lors des concerts ?

Pour ce programme, j’ai deux versions. Une première donnée en collaboration avec le vidéaste, Olivier Garouste, qui a fait beaucoup de recherche sur des portraits, des citations, le contexte politique. Nous sommes partis des œuvres de son enfance jusqu’à l’Hymne à la joie. Il y a une chronologie. Pour ce concert, ce sera en format récital et ce ne sera pas forcément chronologique. J’ai écrit trois ou quatre compositions après des études de répertoire et je crée à chaque fois de nouveaux itinéraires. Il y a 80 % de Beethoven et 20 % de composition libre. J’expliquerai pourquoi j’ai choisi telle œuvre. Je donnerai quelques clés.

Qu’est-ce qui vous guide vers ces différents itinéraires ?

Il y a plusieurs paramètres : le lieu du concert, son acoustique et son ambiance, le public, sa façon de respirer et son écoute, la manière dont l’énergie circule dans la pièce…

Votre humeur ?

Oui, mon humeur. Et en ce moment, elle est bonne. Nous sommes disponibles pour donner tout ce que l’on a dû garder pendant ces derniers mois. Aujourd’hui, l’activité reprend. Quand on joue, on est à fond. Ce que l’on reçoit est aussi très fort. Le public est très chaleureux. La musique lui a manqué. On aura beau mettre des écrans partout, on ne pourra jamais remplacer la communion des corps. Nous avons besoin de vibration, d’expériences collectives.

Infos pratiques

  • Vendredi 28 août à 20h30 à L’Astrolabe à Petit-Quevilly.
  • Tarif : participation libre
  • Réservation sur www.musicales-normandie.com
  • photo : Paul Lay © Jean-Baptiste Millot

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