Le nom de Pauline Croze est encore associé au titre T’es beau. C’était en 2005. Cette chanson, c’était aussi la découverte d’une chanteuse à la voix douce et vibrante, d’une écriture sensible. Depuis, il y a plusieurs albums, une escapade dans la bossa nova et un retour avec Ne Rien Faire et des chansons quelque peu espiègles sur la rupture amoureuse. Elle chante samedi 17 mars au 106 à Rouen. Entretien.

Un album doit-il toujours sublimer les choses ou les événements d’une vie ?

C’est l’objectif premier même ce n’est pas forcément conscient. Dans la vie, on ressent une émotion, une peine, quelque chose qui est parfois plus fort que nous. Cela se transforme en une chanson pour ne pas que cela reste à l’état d’émotion. Une chanson est souvent une réaction rapide. Plus ce que l’on voit est clair, moins on laisse de choix à l’émotion et plus la chanson arrive vite. Quand on est dans une période de flottement par rapport à nos sentiments, on ne sait pas bien ce qu’on a à défendre.

Qu’y a-t-il à défendre ?

C’est juste le plaisir de raconter une histoire, de dresser le portrait d’un personnage. On se défoule parce que l’on a besoin de cela. En revanche, il ne faut pas être dans l’analyse. Quand j’ai écrit T’es beau, je n’avais pas le choix. J’avais le sentiment d’une peur limpide.

Il y a beaucoup de vide dans cet album. Pourquoi ?

C’est vrai. Il y a le manque que l’on crée dans une vie et que j’ai voulu raconter. Dans Elle ose, notamment, je raconte ce vide que j’ai créé parce que j’ai mis fin à une relation. C’est un vide que l’on souhaite mais qui fait souffrir. On les provoque malgré nous pour reconstruire autre chose. Les chansons sont toujours des histoires de relations humaines, celles aussi que l’on souhaite entre soi et soi. C’est certainement la relation la plus difficile à construire parce qu’elle peut rendre très vulnérable.

Qu’est-ce qui vous a amené vers ce côté pop ensoleillée ?

J’avais envie d’aller dans une direction plus pop. Ours et Charles Preuss sont venus éclairer les titres. Ils ont apporté un côté fantaisiste et ludique et m’ont permis d’être à contrecourant de ce que je peux faire à la guitare-voix.

Que vous a apporté ce détour vers la bossa-nova dans le précédent album ?

Je souhaitais faire une parenthèse, une pause, d’être dans quelque chose d’intemporel. A ce moment, je n’arrivais pas sortir des choses de moi. Je n’étais pas prête à écrire des textes très personnels. Ce détour m’a permis de retrouver une lisibilité des sentiments. Cela m’a donné un élan dans l’écriture. J’avais déjà composé quelques morceaux mais il m’en manquait. Je pense que cette parenthèse m’a mis sur la bonne voie.

Vous allez retrouver la scène. Elle vous a manquée ?

En général, je suis impatiente. Là, cela fait très longtemps. J’ai envie de chanter les nouveaux morceaux. Pour cette tournée, nous serons trois, un vrai power trio qui va donner l’essentiel pour être dans l’énergie. J’ai vraiment hâte de retrouver le public, cette communion pour ne plus être toute seule à chanter mes états d’âme et mes aventures.

 

 

  • Samedi 17 mars à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 20 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Première partie : Adélys