La poésie décalée de Noémie Marsily et Carl Roosens

par | 28 septembre 2017 | Festival

Le Grand 8, c’est l’occasion de découvrir huit films d’animation sélectionnés parmi les plus inventifs. Cette année, le collectif rouennais HSH a invité Noémie Marsily et Carl Roosens, deux artistes belges qui cultive l’art du décalage. Le couple expose à l’ancienne école des Beaux-Arts leurs travaux préparatoires à leur création Je ne sens plus rien, projeté lors du Grand 8.

Leur poésie est complètement surréaliste, décalée. Mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup de douceur et de naïveté dans les créations de Noémie Marsily et Carl Roosens, présents lors du Grand 8 du collectif HSH vendredi 29 septembre au cinéma Omnia à Rouen. Les deux artistes évoluent depuis plusieurs années, en solo ou ensemble, dans l’univers du dessin, animé ou pas. « C’est pas mal de travailler à deux. Cela permet souvent de sortir des impasses dans lesquelles on s’enferme quand on est seul », remarque Carl Roosens. « On vient plus facilement au bout des problèmes. Cela permet aussi d’avoir du recul sur notre travail. Être à deux nous tire chacun vers le haut », ajoute Noémie Marsily.

Ces deux-là ont réussi à inventer un langage commun très personnel qui évolue au fil des projets. Un langage commun parce qu’ils partagent un même humour, une même énergie spontanée et aussi une vision du monde. « Nous avons une même curiosité, une même fascination : nous aimons regarder les choses, les gens dans la rue. Dès qu’on est dans un lieu, on observe ce qui nous entoure », confie Carl Roosens. Tous les deux se définissent comme « des spectateurs qui s’attachent à tous les petits détails. Cela alimente notre travail ». Des spectateurs qui peuvent être « mélancoliques quand il y a une grande quantité de nuages dans le ciel. Parfois, nous sommes plus cyniques. D’autres jours, on a juste envie d’être doux ».

Faire ressortir le côté brut

Lors du Grand 8, Noémie Marsily et Carl Roosens font découvrir Je ne sens plus rien une réflexion sur le couple. Dans ce film de 10 minutes, un magicien et une sapeuse-pompière tentent de partager leur vie dans une nacelle. Pas facile de rester en l’air quand tout part dans tous les sens sur terre… « Nous avons travaillé de manière intuitive. J’ai commencé par faire des recherches graphiques sans lire ce qu’avait écrit Carl. Ensuite, on a remodelé tout cela », se souvient Noémie Marsily. On retrouve ce trait naïf, ce dessin léché dans Je ne sens plus rien. En revanche, les deux artistes mènent une nouvelle approche de la couleur. « Nous avions envie de travailler à l’encre. Tout est dessiné à la plume. Lors de notre travail, la couleur orange s’est imposée. Certainement à cause de la présence du feu ». Quant à la musique, celle de Pierre-Yves Draperau, elle a un rôle narratif. « Nous avions envie qu’elle soit rattachée à la scène et pas qu’elle souligne des émotions. Elle les suggère simplement et fait alors ressortir le côté brut ».

Je ne sens plus rien est une jolie fable, imaginée par deux conteurs modernes. Un qualificatif qui ne leur convient pas complètement. « Nous avons des projets graphiques et expérimentaux. Néanmoins, nous aimons que les spectateurs qui regardent nos projets dépassent juste le plaisir visuel. Là, oui, nous aimons être des conteurs ».

 

 

 

Le Grand 8

Le Grand 8 pour présenter huit films d’animation : le collectif HSH a sélectionné pour cette soirée des courts métrages aux esthétiques différentes. Les auteurs ont utilisé le plus souvent le dessin mais aussi l’encre sur la pellicule, la pixilation, la 3D… Il sera question de sommeil paradoxal, de quête personnelle, d’adolescence, de gentillesse et de couple. Durant ce Grand 8, le collectif HSH propose également la projection de plusieurs films réalisés par des amateurs lors du Marathon de l’animation qui avait pour thème le sac.

  • Vendredi 29 septembre à 20 heures au cinéma l’Omnia à Rouen

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