PHilippe huetIl est Havrais et un grand amoureux de sa ville. Il est un auteur prolixe de romans noirs. Il était évident que Philippe Huet soit l’invité d’honneur du prochain festival Polar à la plage qui se déroule jusqu’au 14 juin au Havre. Philippe Huet, ancien journaliste, raconte des histoires entre réalité et fiction. Point de départ de ses romans aux ambiances orageuses : les faits divers ou sociaux qui deviennent de grandes fresques dans une ville décrite avec rigueur et passion. Après Les Les Quais de la colère sur les révoltes des charbonniers en 1910, Philippe Huet raconte dans Les Emeutiers les mouvements de colère des dockers dans les années 1920.

 

Vous êtes invité d’honneur du festival Polar à la plage. Que ressentez-vous ?

Cela met un peu le frisson. On dit toujours que nul n’est prophète en son pays. Etre l’invité d’honneur de Polar à la plage est une reconnaissance. J’ai vu grandir ce festival d’une manière spectaculaire. Je participe à différents salons du polar. J’en vois certains naître, d’autres disparaître. Ce festival, très connu par les polardeux, a su garder son atmosphère chaleureuse du début et s’est professionnalisé.

 

Comment êtes-vous venu au polar ?

J’étais journaliste. A un moment j’ai eu envie d’écrire autre chose. A force de répéter que j’envisageais d’écrire un livre, je l’ai fait. Je voulais raconter une fiction. J’ai alors noirci des feuillets et des feuillets. Tout en croyant que c’était mauvais. En fait, non. Albin Michel a fait paraître Quai de l’oubli. Avant la sortie, je ne savais pas que j’écrivais un polar. Mon objectif était juste de raconter une histoire. J’ai glissé vers le polar sans m’en rendre compte. Dans ce livre, j’ai repris mes premiers faits divers. J’ai créé une ambiance. Je pense plutôt mes livres sont davantage des romans noirs que des polars. Ensuite, je me suis piqué au jeu.

 

Le point de départ de vos romans reste des faits réels. Pourquoi ?

Je pars en effet toujours d’une histoire vraie. Pour moi, la réalité, c’est la ville. J’aime Le Havre. C’est une ville atypique, incroyable qui ne ressemble à aucune autre. Je suis aussi un maritime. J’adore les ports. J’ai vécu à Paris et à Rouen mais je ne m’y sentais pas bien. Il y a une ambiance particulière au Havre. De plus, la ville a beaucoup changé. Tout cela reste très intéressant à décrire. Je m’inspire aussi de personnages que j’ai croisés lors de mes reportages. Après, je délire, je bascule dans la fiction.

 

Ce sont surtout les faits sociaux qui vous intéressent.

Cela vient de ma révolte personnelle. Nous sommes un peu emmurés dans une barbarie économique qui sévit aux dépens du social. Personne ne voit que des millions de personnes sont dans le fossé. En fait, les époques changent mais les gens ne changent pas. Il y a des injustices terribles.

 

Vos romans demandent-ils une longue période de recherche ?

Pour Quai de la colère, j’ai fait beaucoup de recherche. Pendant trois ans, j’ai étudié une époque, amassé une somme de connaissances. Pour Les Emeutiers, je me suis penché sur la grande grève des dockers qui a duré 111 jours. Il y a eu des émeutes, des morts. Mais tout cela pour rien.

 

Etes-vous un grand lecteur de polars et de romans noirs ?

En fait, plus j’écris, moins je lis. Et j’écris tous les jours parce que je dois rester dans mon histoire. Mais j’aime les classiques américains, français, russes. Je suis un grand admirateur d’Antoine Blondin. C’est une référence pour moi. Je relis aussi régulièrement Guy de Maupassant.

 

  • Polar à la plage : du 11 au 14 juin au Havre
  • Programme complet : ici