La compagnie Tàbola Rassa adapte L’Avare de Molière pour quelques robinets et autres accessoires de plomberie. C’est à voir vendredi 4 octobre au Passage à Fécamp.

L’histoire est connue. L’Avare de Molière, c’est ce vieil Harpagon et son amour immodéré pour l’argent. Un amour si irraisonné qu’il voit autour de lui uniquement des voleurs. Il va jusqu’à se méfier de ses serviteurs, de Cléante et Élise, ses deux enfants, épris, en secret, pour l’un de Marianne et pour l’autre de Valère. Harpagon a un tout autre plan : il veut marier son fils et sa fille à des personnes riches et trop vieilles et prendre pour femme la belle Marianne. Quand il constate la disparition de sa cassette, l’avare n’a plus qu’une idée en tête : retrouver son argent.

« Molière a le sens du rythme. C’est un homme de théâtre, qui jouait. Molière écrit des textes pour être dits. De plus, il a un humour qui est encore aujourd’hui efficace et irrésistible. Les scènes de quiproquos fonctionnent toujours bien. Pour un comédien, c’est très plaisant ».

Olivier Benoît, directeur de la compagnie Tàbola Rassa

650 représentations

Avec la compagnie Tàbola Rassa, l’argent prend les apparences d’un autre liquide, l’eau. Une ressource qui devient au XXIe siècle rare pour certains habitants de la planète. « Au départ, il y a une intuition. Il faut toujours travailler par rapport à ses intuitions. En travaillant le texte, on découvre des idées. Jordi (Bertran, ndlr) avait vu un de ses vieux robinets sur un terrain de foot. Moi qui suis un lecteur du Monde diplomatique, j’avais lu et gardé un article en 1997 sur le problème de l’eau ».

La compagnie imagine alors en 2003 un Harpagon en forme de robinet possédant un réservoir d’eau qu’il ne quitte pas des yeux et le remplit dès qu’il en a la possibilité. Depuis, elle a donné environ 650 représentations en France, en Espagne, au Portugal, en Angleterre. « Avec le temps, il y a de moins en moins de robinets. On trouve davantage de mitigeurs qui sont moins anthropomorphiques ». Les personnages de L’Avare sont tous des robinets ou des accessoires de plomberie, habillés de divers toiles et manipulés par les comédiens. Ce n’est pas simple d’apprivoiser des robinets. « Nous avons passé pas mal de temps pour trouver une nouvelle technique de manipulation. Ce fut une réelle recherche. C’est très intéressant parce qu’il est possible d’aller très loin sur le plan allégorique. Cela en devient poétique ».

Le résultat est bluffant et magique. L’Avare, avec quelques adapatations, devient une fable écologique dans laquelle les protagonistes se disputent la répartition d’une ressource naturelle.

Infos pratiques

  • Vendredi 4 octobre à 20h30 au Passage à Fécamp.
  • Tarif : 8 €.
  • Réservation au 02 35 29 22 81 ou sur www.theatrelepassage.fr